Chronique de la Rambarde : flagrant déséquilibre à l’ASBH ?

13/09/2018
Rémy Rugiero

Thibauld Suchier et les Biterrois méfiants avant la réception des Montalbanais vendredi prochain

Fin du premier bloc, mathématiquement sans saveur avec 8 points récoltés au bénéfice des 2 succès à domicile face à Soyaux-Angoulême et Massy. Les dernières sorties à Mont-de-Marsan et Brive rappellent que cette compétition reste musclée et n’autorise aucun écart. Située à la 11 ème position, l’ASBH n’est pas larguée mais devra veiller à soigner le prochain bloc pour éviter la dégringolade et s’éviter quelques sueurs de circonstances.

ASSIMILER LE PROJET

Voilà le paradoxe qu’offre les Héraultais en ce début de saison. L’intersaison expliquant certaines difficultés. Les départs conjugués de certains cadres ont parfois considérablement changé la donne. Les sorties de Steve Fualau, Lua Lokotui, Rémi Bourdeau, François Ramoneda, Josh Valentine, Lachie Munro et Sabri Gmir dans leur pleine mesure ont fragilisé l’ensemble. Rajoutez les précieux Simon Chevtchenko, Sébastien Max, Julien Blanc, Jean-Baptiste Peyras-Loustalet et bien d’autres, vous aurez un début d’explication au démarrage poussif de l’ASBH. L’effet d’aubaine suggéré par le départ de joueurs emblématiques, la cohérence d’un jeu qui aura trouvé sa place à la fin de l’hiver, l’ajustement d’un effectif orchestré par un staff en symbiose avec son groupe, aura amené les Rouge et Bleu à la place qu’ils méritaient et qu’ils n’avaient plus obtenu depuis plus d’une décennie. Toujours bon de rappeler cette période de disette entrecoupée d’un passage en fédérale vécu comme un enfer sinon plus, excepté le final épique aboutissant au titre. Béziers se trouve à un tournant ou presque. Confirmer après avoir réussi. L’effet de surprise éventuel n’existant plus. Voilà la principale tâche qu’incombe aux Biterrois, qui ont éveillé des souvenirs auprès des supporters. Mais sans parler de jugement hâtif sur le recrutement après seulement 4 journées, ce qui prête au sourire selon les cas, il n’est pas inutile non plus d’observer et d’émettre une tendance qui se dessine.

LES GAZELLES EN SOUFFRANCE

Clairement, le recrutement s’est dirigé vers les lignes arrières pour renforcer ce secteur parfois déficient, apporter de l’expérience et densifier l’ensemble. Ces multiples arrivées doivent amener une plus-value. Les qualités intrinsèques de Pierre Bérard, Maxime Veau et du dernier venu Benjamin Lapeyre seront précieuses quand tout le monde sera au diapason. Ces joueurs estampillés Top14 possèdent les armes pour relever le niveau et apporter des solutions. Savenaca Rawaca, Sam Katz, Charly Trussardi et Arnaud Pic viennent compléter le tableau. Le chantier de la charnière faisait partie des interrogations. Après un mois de compétition et quelques matchs amicaux, force est de constater qu’il manque de l’huile dans les rouages et que les prestations peuvent soulever des questions. Malgré des profils différents, rien n’émerge à l’heure actuelle avec Thibauld Suchier qui n’est pas encore rentré dans sa saison. De quoi soulever des questions légitimes. Le manque de vécu commun et d’automatismes est criant. Les prestations sur les deux dernières rencontres ont appuyé cette hypothèse. Le départ controversé mais inévitable de l’impétueux Alipate Ratini sur lequel Béziers comptait n’ayant pas facilité les choses également. Rajouter les blessures de Lucas Daminiani et Morad Touizni malgré la fulgurance d’un Roméo Ballu encore en phase d’apprentissage et vous aurez des indices sur les atermoiements visibles des trois-quarts Biterrois en ce début de saison. Dans l’utilisation essentiellement se concluant sur des choix parfois déroutants. Sans parler de l’indiscipline et d’un Jordan Puletua considéré comme un cadre, mais qui stigmatise aujourd’hui essentiellement ces fautes de goût répétées qui pénalisent le club ainsi que l’absence prolongée de Maxime Veau suite au carton rouge écopé à Mont-de-Marsan.

25 FRANCHISSEMENTS POUR… 6 ESSAIS

Noircir totalement le tableau ne serait pas honnête. Dans les Landes, Béziers dans l’adversité a démontré des capacités de franchissement, de conservation et de séquences qui auraient dû lui permettre de rester en vie. Du côté de Brive, l’ASBH n’a pas démontré un grand appétit. Si les avants Biterrois font le job au courage avec les jeunes espoirs qui répondent présents, la transformation du jeu s’avère déficiente. Le doute s’installe et les fautes se multiplient les unes après les autres. Béziers n’a pas tout perdu, le pack Biterrois apporte quelques garanties sur le secteur de l’alignement (86% de réussite) et des ballons portés. La mêlée parfois chahutée tient la route malgré quelques écarts. Quentin Samaran, Zakaria El-Fakir, Reda Wardi, Jean-Baptiste Grenod, Karl Wilkins, Dorian Marco-Pena tous considérés comme de véritables pros ou presque n’ont jamais démérité. Mais dans un championnat où le temps n’est plus permis, où l’apprentissage doit être rapide, les inclurent sur le devant de la scène par choix et non pas par défaut, démontre que l’ASBH possède quelques belles pépites. Un secteur des avants renforcé par les seuls Clément Estériola, Kelly Meafua et l’énigmatique Joseph Tuineau. N’oublions pas les absences toujours en cours de Tyrone Viiga et Benjamin Desroche qui auront profité à d’autres pour s’exprimer comme Éloi Massot et confirmer le talent d’un Thomas Hoarau épatant sur ces premières journées. Un savant dosage à trouver, collectivement, auprès d’une équipe qui apparaît actuellement scindée en deux avec une concrétisation minimaliste en rapport aux franchissements produits. Sans liant pour mettre la continuité nécessaire et trouver les brèches qui s’imposent autour des incontournables Chico Fernandes, Marco Pinto-Ferrer, Jonathan Best et Jean-Baptiste Barrère.

Le prochain bloc sera déterminant. Deux réceptions compliquées face à Montauban et Oyonnax ainsi que deux déplacements chez le voisin Carcassonnais pour conclure à Colomiers. Pas de répit pour les Héraultais qui sauront mieux se situer dans la hiérarchie. Sans occulter également où l’ASBH campait la saison dernière, au soir d’une défaite calamiteuse un certain 10 Novembre 2017 face à Soyaux-Angoulême. D’ici là nous verrons bien les capacités de réaction des Biterrois. Intersaison ratée, budget alloué insuffisant, stratégie défaillante ? Ou à contrario le début d’une série et d’une nouvelle dynamique sur le prochain bloc après avoir réglé les divers couacs observés ? Quoi qu’il en soit les Rouge et Bleu auront besoin du soutien inconditionnel du peuple Biterrois, le seul constat dont tout le monde validera ses vertus..

Rémy RUGIERO

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