Chronique de la Rambarde : Les Rouge et Bleu renversent la table

26/03/2021
Rémy Rugiero

Jamie Hagan et ses coéquipiers auteurs d’une prestation aboutie face à Biarritz.

Sensation de légèreté plutôt agréable au coup de sifflet final hier soir à Raoul-Barrière. Après une prestation convaincante, les Biterrois, qui glanent le bonus offensif face à Biarritz (41-15), ont démontré un orgueil épatant pour s’affranchir de l’adversité. Les rétroviseurs peuvent être délaissés, place au plaisir et à une part de rêve.

DU CARACTERE

Face à des Biarrots vexés après leur défaite à Aguiléra contre Oyonnax, il n’était pas interdit de penser que le BO se présenterait avec l’envie légitime de rebondir et consolider une place sur le podium. Mais les Biterrois avaient des choses aussi à se faire pardonner, après la gestion chaotique du money-time à Soyaux-Angoulême qui a coûté un succès au Rouge et Bleu à Chanzy, l’ASBH recevait les Basques avec un deal clair et précis : assurer ses arrières définitivement et s’autoriser à regarder vers le haut. Pas une mince affaire. D’autant que les acteurs avaient confirmés que les entraînements de la semaine n’étaient pas de la plus grande précision, le temps de relancer le groupe après une coupure bienvenue. Les visiteurs imposent rapidement leurs gabarits, sous l’impulsion des Dyer et Saili robustes dans les collisions. Auteurs de deux essais et menant avec un écart qui n’était pas anodin (3-15, 31 ème), Béziers colmate les brèches et s’en remet aux vielles recettes. Clément Estériola inscrit un doublé après deux ballons portés d’école, fruit d’une abnégation certaine et d’une remobilisation nécessaire après des atermoiements observés. De quoi égaliser à la pause (15-15), malgré l’appui du vent. Mais les Basques concédaient déjà un nombre de fautes conséquents, un indice à coup sûr pour la suite des événements.

Effectivement, l’essai de Ruffenach sera la dernière réalisation des visiteurs à la demi heure de jeu. Patiemment, les Héraultais récoltaient les fruits d’un rugby sérieux et appliqué. Jouer une pénalité à la main, à un moment de la partie encore tendu, face aux poteaux c’était plutôt osé, mais c’est le pari quelque feu fou pris par Jean-Baptiste Barrère et les siens. Écrire leur histoire vous dit-on. En force, l’ancien Palois permet à Béziers de virer en tête. Le tournant du match assurément (22-15, 52 ème). Face à l’indiscipline délirante des Biarrots (20 fautes sur la rencontre), les Biterrois s’en donnaient à cœur joie. Estériola inscrira un triplé après un maul bien construit, donnant une certaine sécurité au tableau d’affichage (29-15, 64 ème). La suite ? Une confirmation et même un festival offensif avec un doublé pour Barrère au relais de Tedder et un essai exceptionnel de 100 mètres, après une récupération de Barrère face à un ballon porté menaçant d’ôter le bonus offensif aux Héraultais et au bout d’une course folle, Tristan Tedder captant le rebond du service au pied de Nicolas Plazy (41-15, 80 ème). Plaisant. Les bras peuvent se lever, devoir largement accompli et confirmation que Béziers sait rivaliser une fois de plus avec les ténors de la compétition.

DESTIN A ECRIRE

Il n’est plus question de maintien ou d’autres considérations de ce type. Béziers a démontré un réalisme implacable et détonnant. En réduisant quelque peu la voilure face à un adversaire complet sur toutes les lignes, l’ASBH apprend de ses erreurs parfois commises et s’en remet à une expérience acquise durant le championnat. Passer plus de 40 points à Biarritz, les Rouge et Bleu l’ont fait et c’est la seule équipe à l’avoir fait depuis le début de la saison. L’état d’esprit loué n’est plus à prouver. Les troupes de David Aucagne peaufinent leur panoplie. Après un mois de Janvier délicat, le redressement est spectaculaire. Sans nourrir de regrets car rien n’est joué, la sixième place n’est plus très loin. Mais elle requiert un parcours quasi sans faute et quelques coups d’éclats à l’extérieur. Il reste six matchs à disputer, (Rouen, Perpignan et Mont-de-Marsan à domicile; Oyonnax, Carcassonne et Nevers à l’extérieur). Un menu copieux, indigeste pour certains mais tellement haletant à suivre, que ces Biterrois n’auront aucune pression à le tenter. Le frein à main n’existe plus Messieurs, place au rêve sans sourciller.

Rémy RUGIERO

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