Chronique de la Rambarde : l’ASBH va t’elle endosser le rôle de trouble-fête ?

07/03/2020
Rémy Rugiero

Après l’euphorie suscitée suite au carton infligé à Mont-de-Marsan la semaine dernière, l’ASBH voyageait à Valence-Romans pour tenter de confirmer une tendance. Pas toujours évident chez le promu, mais les Biterrois ont assuré l’essentiel et glané un succès bonifié qui autorise à regarder définitivement vers le haut. (R)assurés sur leur avenir, les Rouge et Bleu vont-ils rattraper le temps perdu ?

CONQUÊTE AU POINT

Le Stade Georges-Pompidou était donc le théâtre de ce duel. Balayé par un fort vent, Béziers désirait donc transformer la mutation esquissée. Du jeu mais en s’évertuant à poser les bases par l’incontournable « rugby qui commence devant ». Appliqués en mêlée fermée, précis en touche, les Rouge et Bleu ont encore fourni les efforts nécessaires sur les ballons portés (les centres héraultais venant prêter main forte dorénavant), pour traduire au tableau d’affichage, par les omniprésents Kelly Meafua et Dorian Marco-Pena, une nette domination. (12-0) à la demi-heure de jeu, malgré une réplique du promu et deux pénalités de Maxime Javaux, l’ASBH pensait déjà à comment conserver son pécule contre Éole lors du deuxième acte. On n’oubliera pas l’incroyable malchance d’Uwa Tawalo, sollicité par du jeu au pied à de multiples reprises, mais qui échouera suite à un mauvais rebond ou un contrôle hasardeux au moment d’aplatir. De quoi tenir en haleine le scénario d’une rencontre qui allait se resserrer, notamment après le carton jaune écopé par Karl Wilkins juste avant les citrons. On sentait le coup venir, l’occasion était toute trouvée pour mettre à l’épreuve le collectif biterrois afin de trouver les solutions pour contenir la réponse du VRDR.

Logiquement, l’occupation des locaux allait s’intensifier, et Béziers offrait aussi quelques choix hasardeux dans les rares possessions pour se tranquilliser dans l’immédiat. Javaux mettra les deux formations à égalité (12-12, 60 ème) et le doute pouvait être installé dans les têtes des garçons de David Aucagne tant il était difficile face aux éléments d’inverser la tendance. Pourtant la lumière vint, Arnaud Pic s’infiltre derrière un ballon porté statique, sert sur sa gauche Victor Dreuille aspiré par la percée de son coéquipier. L’ouvreur patiente et adresse la passe décisive idéale à Jeffrey Williams lancé sur orbite. Une réalisation pleine de conviction et de justesse, un bien fou aux souhaits exprimés par David Aucagne et Sébastien Logerot sur les intentions enfin mise en application. Un coup dur pour Valence-Romans qui va plier dans la foulée. Joe Tuineau, admirable sur l’action, ajuste une course de 70 mètres en solitaire, en soignant sa foulée et ses grands compas pour s’affranchir du retour désespéré des adversaires. Du plus bel effet, un bonus offensif sécurisé malgré l’essai tardif de Nigel Hunt pour les locaux sans conséquence. (19-26), un troisième succès à l’extérieur après ceux d’Aurillac et Rouen. Mission accomplie avant une trêve de trois semaines.

19 POINTS EN 5 MATCHS

Le passage de témoin de ce bloc est donc une réussite. Pourtant après la bouillie proposée face à Aurillac en préambule, les questions jaillirent. Depuis, une forme de déclic s’est produit dans un lieu plutôt hostile sur le papier, malgré une défaite ramenée d’Oyonnax. Déjà le staff a injecté du sang neuf, à foison. Piochant allègrement chez les espoirs, impliquant plus largement le groupe et éveillant naturellement la concurrence. David Aucagne l’avait évoqué après Aurillac et jugeait qu’il ne l’instaurait peut-être pas assez. Force est de constater que les résultats sont probants, après le spectaculaire match face aux Montois, Béziers affiche un visage plus confiant. Bien sûr il manque du détail et de la précision, mais comment ne pas apprécier ces courses, ces appels, cette envie d’attaquer la ligne chez les lignes arrières tout comme cette solidité retrouvée chez les avants sur les fondamentaux. Simple et efficace, plus dur à retranscrire. Avec 54 unités, Béziers s’est assuré le maintien. Car il fallait faire le job et avancer. Place au plaisir, à un calendrier passionnant avec une pause étalée pour récupérer les derniers blessés et s’inviter comme trouble-fête de circonstance. Biarritz, Vannes et surtout Perpignan rendront visite aux Biterrois à Raoul-Barrière. Un programme gourmand à souhait qu’il convient d’assumer. La notion de plaisir on y revient, c’était une demande générale, le souhait du plus large consensus. Ce sprint final peut amener l’ASBH vers la première partie du tableau. Sans nourrir de regrets avec le sentiment d’avoir tout donné. Si contre Mont-de-Marsan, la réconciliation avec son peuple s’est ouverte, l’idée de la poursuivre serait bien perçue. Biarritz arrive dans trois semaines, plusieurs objectifs dont un hommage à Raoul-Barrière raté la saison dernière qui sera assurément dans toutes les têtes..

Rémy RUGIERO

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