Chronique de la Rambarde : la marche était trop haute pour les Rouge et Bleu

30/10/2020
Rémy Rugiero

Autant vous le dire d’entrée et planter le décor d’une soirée aux contours tristes. Le huis-clos est une conséquence inévitable de la crise sanitaire, ce n’est pas l’objet de cette introduction. Mais la sensation du vide dans un antre aussi spacieux que Raoul-Barrière fut perturbante. Et le rugby doit s’y accommoder, avec des Biterrois voyant se dresser sur leur route, une formation Bugiste de talent.

UN CARTON ROUGE QUI N’AURA RIEN CHANGÉ

Aprés les explications du contexte, penchons-nous sur le duel d’hier soir entre l’ASBH et l’USO. Les visiteurs, seuls invaincus du ProD2, voyageaient avec quelques certitudes là où les Héraultais relevaient doucement la tête en la faveur d’une comptabilité à la hausse ces derniers temps. Le défi était de taille, connu de tous, était-il insurmontable ? Quand Monsieur Mallet adressa un carton rouge à Jérémy Gondrand après quelques minutes disputées, le doute était de mise. Si le demi de mêlée Oyonnaxien ne comprenait pas la décision, rendons hommage au malheureux Morgan Eames touché sérieusement au bras. Pourtant, Oyonnax s’accapare le ballon, avec une facilité déconcertante dans la conservation, l’utilisation et les phases statiques. D’ailleurs et Joe El Abd le concédera en conférence de presse, l’USO avait mis le curseur sur le combat en sacrifiant Aurélien Callendret numériquement au bébéfice d’un avant. Un message clair sur les intentions à suivre. Patiemment, les Oyomens remportaient des duels, face à des Rouge et Bleu empruntés, qui n’aiment décidément pas prendre leurs responsabilités quand l’occasion se présente. Bien sûr l’opposition était de qualité, certains iront dire que les deux formations ne jouant pas dans la même catégorie. Mais cette frilosité, que les joueurs eux-mêmes ont concédé en fin de match, fut symbolisée par deux essais encaissés, signe d’une équipe qui n’était visiblement pas dans un grand soir, ce sont des concours de circonstance bien malheureux. La mi-temps se solde sur un (9-23) en faveur des troupes de Manny Edmonds, constat clair entre des visiteurs très précis et présentant des qualités sur toutes les lignes et des Biterrois maladroits, usant et abusant d’un jeu au pied plutôt déconcertant.

La pause aura remis à l’endroit certains comportements, et d’autres aspirations dans le contenu. On a aura vu mieux pour tout dire, malgré quelques remontées intéressantes mais bien trop rares pour inquiéter l’ogre Oyonnaxien. L’impression que ce carton rouge précoce a décuplé la solidarité de l’USO, très au fait et dominant territorialement les débats. La réaction, elle viendra bien que tardive après un mouvement construit et un franchissement de Sias Koen dans l’axe pour Savenaca Rawaca à la finition. Première ébauche concluante. Jarrod Poi rajoutera une réalisation supplémentaire en toute fin de match, pour essayer de dompter un destin d’une rencontre qui aura échappé en terme de gestion et d’audace aux Rouge et Bleu. Facile la critique, mais perdu pour perdu après tout ? Au final, Oyonnax conserve son butin et son invincibilité en cours et aura démontré qu’il était taillé pour viser le Top14. Les cris sur chaque impact, jeu au sol, décision arbitrale, et même banc des remplaçants auront révélé aussi que les visiteurs étaient en mission dans l’Hérault. Quant à Béziers, c’est une deuxième défaite concédée à la maison, une démonstration supplémentaire que certaines marches seront peut-être compliquées à gravir malgré la bonne volonté.

L’USAP SE DRESSE

Pas le temps de s’apitoyer sur un sort en sursis, Béziers a disputé l’intégralité de son calendrier, devrait glisser dans le classement quand la mise à jour aura lieu et bascule à nouveau dans le négatif au classement britannique. Râlant quand on se souvient des prestations à Biarritz et Vannes qui auraient méritées un meilleur sort avec plus d’application. Hier soir, Éloi Massot l’a concédé, Béziers a abdiqué, selon ses propres termes, « sa formation n’a pas été digne et va devoir remettre l’ouvrage pour relever la tête ». Des mots forts qui expliquent la déception du vestiaire. C’est peut-être la saison qui attend les Biterrois, entre des réussites et des soubresauts, après des déconvenues ou des regrets. Mais pour le premier derby de la saison à Aimé-Giral, plus de place à la tergiversation, la motivation devrait être naturelle et le niveau d’exigence par la même occasion relevé.

Rémy RUGIERO

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