Chronique de la Rambarde : Béziers ne retombe pas dans ses travers

17/10/2020
Rémy Rugiero

La victoire acquise par les Biterrois face à Aurillac (19-3) ne souffre d’aucune contestation. Dominateurs dans l’ensemble, plus tranchants dans l’axe, les Rouge et Bleu se sont appuyés sur les vieilles recettes pour écarter la menace Cantalienne. Un moindre mal après des moments difficiles vécus du côté de la Rabine au sein d’un bloc intense. Pour le contenu, on repassera qu’on se le dise aussi.

FÉBRILITÉ GÉNÉRALE

D’emblée, sur les transmissions flottantes, les contacts et les duels pas toujours à leurs avantages, la circulation du ballon quelque peu aléatoire, Béziers n’imprimait pas un rythme de sénateur. Tantôt incisif sur un jeu réduit qu’ils maîtrisent plutôt bien, à l’envers quand il s’agissait d’accélérer où les erreurs de placement se confondaient avec les intentions stratégiques. Nul doute que l’ambition était d’oublier l’immense frustration en provenance de Vannes vendredi dernier. Un revers et un scénario qui aurait pu fragiliser le groupe, mentalement après l’écroulement du gong et physiquement en terme de récupération après un si long trajet. Jouer petit bras n’est pas si réducteur comme indiqué en préambule. L’adaptation est souvent de mise. Face à des Aurillacois venus sans complexes, l’essentiel était de préserver son antre. Peu importe la manière qu’il fallait employer. Et dans un premier acte où seul un franchissement d’Uwa Tawalo aura fait passer un frisson dans les tribunes malheursement fantomatiques de Raoul-Barrière, c’était bien maigre en comparaison à une pression constante sur les 22 mètres adverses. Et n’oublions pas la gestion ratée, incompréhensible d’une supériorité numérique à 15 contre 13 pendant de longues minutes, et une satanée mêlée fermée mal digérée pour enfoncer des portes promises à être ouvertes. (9-3) à la pause, rien de bien croustillant, en ayant une pensée sur un vent tourbillonnant qu’il fallait dompter par la suite.

SEULE LA VICTOIRE..

Après 40 premières minutes plutôt soporifiques malgré des efforts louables, l’ASBH tentait de monter en régime. La conquête se mue en élément salvateur comme à l’accoutumée, ce n’était pas la soirée pour de grandes envolées et de courses endiablées. C’est un indicateur soulevé à maintes reprises, qu’il conviendrait d’assumer sans chagriner les égos. Si Éloi Massot s’est transformé encore en roi des airs, c’est bien un paquet d’avant sérieux et appliqué, s’évertuant à créer des brèches, déclencher la faute, qui finira par user l’adversaire. Dans cette mission, Adrien Latorre, qui a tenté en vain d’animer sa ligne d’attaque sans démériter, excelle au pied et concrétise ce véritable de sape. La lumière viendra, et cela ne sera pas une surprise, d’une série de pick and go bien sentis à proximité de l’en-but visiteur, sur lequel John Madigan fera admirer une relative puissance. David Aucagne avait pesté contre les manquements observés dans les deuxième actes tout en exhortant son banc à faire la part du métier. Aurillac neutralisé, jamais menaçant et pas en mesure de renverser la situation, lui aura déjà donné une partie de réponse. Un score de (19-3), où l’on sentait bien que le message était avant tout un succès qui primait sur toutes autres velléités. C’est déjà pas mal car Béziers se cale en milieu de tableau, n’observe aucun match de retard et peut voir venir.

Il y a aussi un plaisir non dissimulé de contempler quelques jeunes pousses s’inscrirent dans la durée, profiter d’une forme d’aubaine, tout en se hissant au niveau exigé. Si Maxence Lemardelet et William Van Bost avaient reçu les félicitation du jury sur leur implication et leur marge de progression, citons Maxime Espeut qui de sortie en sortie prend de l’épaisseur, prend des initiatives tout en se montrant très disponible à son poste d’ailier. On repense aussi à son coéquipier Pierre Courtaud aperçu dans des mêmes proportions et qui demande à être revu assurément. Pierre Bringuier pourra profiter à nouveau de temps de jeu, en découvrant les particularités d’un monde professionnel toujours aussi prenant. Bien d’autres y seront quand les Samaran, Marco-Pena, Munilla et Zénon font figure d’anciens. Un choix forcé ? Et alors ! C’est peut-être enfin l’heure d’oser, d’introduire une dose à plus ou moins grand effet de jeunesse. Rare sont ceux qui auront déçu, l’apprentissage est court, et à la vue de ce bloc palpitant, les Rouge et Bleu auront besoin de cette fougue pour poursuivre un rétablissement en cours.

Rémy RUGIERO

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