Le stade de la Méditerranée ne fait plus (trop) recette

12/05/2017

La saison de Pro D2 terminée, l’heure est au bilan. Premier volet ce vendredi avec un point sur les affluences au stade de la Méditerranée. Si les chiffres ne sont pas alarmants, ils posent tout de même question.

Cette saison, il y a eu des fortunes diverses en terme d’affluence, dû au cruel manque de stabilité sportive dont à fait preuve l’ASBH. Lors des trois premiers matchs à domicile, Béziers a donné du plaisir aux supporters, venus entre 5 et 6000 garnir les tribunes. Mais le derby face à Perpignan, joué un dimanche, n’a pas massé autant de monde que lors des précédentes saisons. Sauf qu’avec la dégringolade sportive, le stade de la Méditerranée va se vider, n’atteignant qu’une fois la barre des 5000 supporters contre Biarritz. Pire, face à Angoulême, seuls 4266 personnes sont venus assister à la première du duo Aucagne-Gérard. Avec l’arrivée des nouveaux coaches, les résultats et les Biterrois reviennent au stade, malgré deux affluences en dessous des 5000 entrées (Aurillac et Dax). En fin de saison, la deuxième affluence sera par ailleurs enregistrée face à Montauban, avec 6339 supporters. Avant un dernier match face au promu vannetais.

 

2500 SUPPORTERS DE PLUS EN MOYENNE EN QUATRE ANS

Il y a quinze jours, face à Vannes donc, Béziers a joué son dernier match de la saison au stade de la Méditerranée, devant 5861 spectateurs. Un chiffre qui parait maigre au premier abord mais qui est pourtant l’un des plus élevés depuis août dernier. Si les résultats en dents de scie n’ont pas facilité l’attraction du public, la politique tarifaire menée ainsi que l’enjeu sportif sont également des données à prendre en compte. Six ans après la remontée de Fédérale 1, quelle(s) évolution(s) sont à noter ? Des affiches attirent-elles plus que d’autres ? On fait le point. 

Le constat est implacable. Le stade de la Méditerranée ne se rempli plus de semaines en semaines, voire de saisons en saisons. Pire, c’est l’effet inverse qui se produit et le public semble déserter « le coquillage » biterrois. Pourtant, à la lecture des chiffres entre les saison 2011-2012 et 2014-2015, rien ne laissait présager un tel scénario. Durant ces quatre saisons en Pro D2, l’ASBH avait enregistré une augmentation de 38 544 spectateurs, passant ainsi l’affluence moyenne de 3959 à 6529, soit 2500 supporters de plus ! 

Evidemment, l’arrivée du duo Christophe Hamacek – Manny Edmonds, combinée à l’amélioration indéniable des résultats sportifs, avaient donné envie aux Biterrois de réinvestir la tribune de Face. Le point d’orgue interviendra lors de la saison 2014-2015, durant laquelle Perpignan fait son apparition en deuxième division. Un troisième derby, et pas des moindre, qui va attirer plus de 11 000 personnes, après les 10 000 enregistrées contre Narbonne. Le public des Rouge et Bleu se remet à vibrer au rythme des duels d’antan. Cette saison là, 6529 entrées sont comptabilisées en moyenne au stade. Et ce, malgré une 11e place au classement en fin de saison.

TARIFS « MATCH DE GALA », ACTE DE MORT DES DERBYS POPULAIRES

Mais depuis, c’est la débandade et les chiffres des affluences sont en chute libre. En premier lieu, il est à mettre en cause la nouvelle programmation instauré par la Ligue nationale de rugby. Depuis la saison 2015-2016, la LNR fait majoritairement jouer les rencontres les vendredis soirs (plus un match le jeudi soir, et un le dimanche après-midi), diffusant ainsi les matchs sur les antennes d’Eurosport. D’abord donnés à 19h30 lors de la première saison, les coups d’envois ont par la suite été retardé à 20 heures. Mais qu’importe, la billetterie a diminué à Béziers. En deux saisons, le club Rouge et Bleu a perdu 1500 supporters en moyenne sur chaque rencontre (voir graphique ci-dessus). 

Par ailleurs, cette inéluctable décroissance de l’affluence incombe également à la politique tarifaire menée par l’ASBH. Si les tarifs normaux n’ont pas sensiblement augmenté depuis le retour en ProD2, la mise en place du tarif « match de gala » la même année que les changements d’horaires des matchs n’a pas franchement été incitative. La preuve en chiffres. En 2014-2015, les derbys contre Narbonne et Perpignan ont attiré près de 22 000 personnes sur les deux rencontres conre à peine plus de 12 000, la saison suivante – saison où le tarif « match de gala a été mis en place. Il faut dire qu’avec des places allant de 22€ à 26€ pour ce genre de match (mêmes tarifs contre les relégués du Top 14 et Carcassonne), c’est un certain budget à prévoir qui est loin d’être accessible à tous. Et qui semble surtout acter la mort des derbys populaires…

UN NOYAU DUR DE 5300 SUPPORTERS ? 

 

Au delà de ces matchs à enjeu régional qui n’attirent plus autant qu’il n’y a pas si longtemps que cela, force est de constater qu’une partie du public biterrois déserte le stade ces deux dernières années. Ce qui est encore plus criant cette année se lit dans le graphique ci-contre : la meilleure affluence de cette saison est moins élevée que celle de la saison 2011-2012, pourtant la saison la plus faible en terme d’affluence. On notera toutefois que les trois meilleures affluences sont assez proches cette saison, contrairement aux années précédentes.

Par ailleurs, un noyau dur de supporters semble tout de même se dégager à Béziers. En effet, cette saison est la saison où l’écart entre la plus faible et la plus grosse affluence est le plus faible (2085). Autre chiffre intéressant. Si les moyennes de supporters entre les saisons 2011-2012 et 2015-2016 varient assez fortement, la moyenne de ces cinq saisons est de 5333 supporters… soit, à cinq personnes près, l’affluence moyenne de cette saison. Preuve peut-être que Béziers parvient à fidéliser un certain public, sans trop de variations.

Désamour du club, tarifs trop élevés, résultats pas assez constants, horaires hasardeux, bien des facteurs peuvent expliquer cette évolution (négative) du remplissage du stade de la Méditerranée. Mais quoi qu’il en soit, et depuis toutes ces années, Rugbiterre est toujours bel et bien présent pour pousser aux côtés des Rouge et Bleu.

Maxime GIL

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