Pierre-Olivier Valaize « On a envisagé le Top 14 »

11/04/2016

©Rugbiterre.Oc

Saison actuelle, finances, saison à venir et sujets divers… A cinq matchs de la fin de la saison, le co-président Pierre-Olivier Valaize fait le point. Interview.

Saison 2015 – 2016

Les départs avant/en cours de saison :

Alain Paco a souhaité prendre du recul parce que la mission qui lui était confiée ne lui convenait pas dans ces conditions. Que les choses soient claires, il n’est pas fâché avec le club. Il a préféré ne pas démarrer la saison plutôt que de l’arrêter en plein milieu et se mettre de la pression. Et c’est tout à son honneur.
Thomas Ceyte voulait avoir du temps de jeu, En toute transparence ici, il n’était plus dans les plans sportifs. On l’a libéré le dernier jour possible pour qu’il puisse aller à Dax parce qu’on lui promettait du temps de jeu. Si on l’avait pas libéré ce jour là, il était coincé pour le reste de la saison. C’était d’un commun accord et c’est gagnant/gagnant.
Pour Hakim Miloudi, c’est plus pour des raisons d’intégration dans le centre de formation qui étaient compliquées.

Bilan de la saison sportive :

Il y a eu qu’un seul match amical. Ca nous a perturbés mais on connait les conditions. Très franchement, on ne savait pas où on en était avant le premier match. Donc oui on a été surpris. D’un autre côté, on sentait une bonne préparation, surtout au niveau de l’intégration des nouveaux joueurs où ça s’était très bien passé. Il y a plus eu une préparation sur la cohésion qu’une préparation physique. On a été épargné au niveau des blessures jusqu’à Noël. On savait très bien qu’on pouvait faire tourner notre effectif à plein régime sur toute la phase aller. Puis on a eu quelques joueurs majeurs qui ont été blessés en début d’année, notamment Josh Valentine. Comme toutes les autres équipes, on a eu un coup de mou. Il y a aussi le fait qu’on ait peut-être été beaucoup visionné et que notre jeu fût plus prévisible sur cette deuxième partie de championnat. Après, il y a tout ce qui perturbe les clubs à partir de janvier qui sont les reconductions ou pas de contrats et la relation humaine : certains qui réagissent d’une façon et d’autres qui réagissent différemment. On a senti une certaine usure psychologique. Je ne crois pas qu’elle soit physique. Puis il ne faut pas oublier qu’il y’a des clubs qui sont montés en puissance. On avait peut-être un coup d’avance, mais les autres nous ont rattrapés.

L’objectif de fin de saison :

Aujourd’hui, on veut jouer une demi-finale. On continue à y croire. Nous avons annoncé avant la saison un top 6, en disant « On veut être dans les 4/5 équipes qui vont se jouer la 5ème place.» parce qu’on pensait que les quatre premières places étaient inaccessibles, on est en plein dedans ! Et c’est ce qui a été annoncé aux joueurs. Ce que derrière a pu évoquer Cédric Bistué ou moi-meme, c’est de dire, « On aimerait jouer une demi-finale à la maison pour faire plaisir à tout le monde. ». En début de saison, si on nous avait dit que l’on finirait 6ème, on  aurait signé de suite. Même à la fin des matchs allers parce que nous savions que malheureusement ça n’allait pas être un long fleuve tranquille jusqu’au bout. Ce serait une frustration de ne pas faire de demi-finale mais pas un échec sur la saison parce qu’on serait quand même en grosse progression. C’est vrai qu’on a été de bonne heure dans les cinq premiers, plus tôt que prévu. Il faut qu’on y soit après le match de Montauban. Après les joueurs, si on leur dit qu’on veut être capables d’accrocher cette cinquième place, on a pas besoin de leur expliquer 100 fois. ils jouent une saison avec l’espoir d’une qualification.

Montée envisagée ?

Oui. Bien sur qu’on est obligés de l’envisager si jamais ça arrivait. On a été obligés d’y penser à la fin des matchs allers, à se dire « Si ça arrive, comment on fait ? ». Il en est ressorti que dans le recrutement, on allait pas au taquet des 35 contrats et qu’on pouvait ajuster à la fin sur quelques contrats en plus.. S’il fallait monter, on monterait. Il n’y a pas de soucis par rapport à ça. Aujourd’hui, se poser la question de la montée, c’est vraiment plus qu’indécent par rapport aux dernières semaines que l’on vient de vivre. Maintenant, quand j’entends « De toute façon, on ne pourrait pas monter », pourquoi on ne pourrait pas monter ? Financièrement, on peut toujours monter. C’est sportivement qu’il faut être capable d’avoir une équipe compétitive. Tous les clubs de ProD2 peuvent monter en Top14 sans aucun problème parce qu’il y a des mannes financières qui, d’elles mêmes, donnent beaucoup plus d’argent. Après, c’est un problème d’avoir une équipe compétitive pour ne pas redescendre.

L’avenir à moyen terme :

Il faut structurer le club. Il est bien mieux structuré qu’il y a cinq ans quand on est arrivés. Mais pas assez structuré pour le Top 14. Cette année, on a essayés de structurer le sportif. Après, il faut y mettre tout ce qui va avec au niveau du marketing pour pouvoir étoffer les partenaires, avoir de nouveaux produits à proposer. Dès le mois de juin, le sportif aura des bureaux dans le stade qui seront un pôle sportif uniquement pour eux.

02-DSC_0268©Rugbiterre.Oc

Côté finances…

« Être demi-finaliste »

Saison 2016 – 2017

Effectif 2016-2017 :

On a déclenché les signatures et prolongations de contrat juste après la signature de Manny Edmonds, donc début janvier. Sachant que les joueurs avaient besoin de savoir où ils allaient puisque certains étaient sollicités. C’est vrai qu’on n’a pas annoncé tout de suite pour ne pas perturber tout le monde. Mais tous les joueurs, à fin janvier, savaient ce qui allait se passer pour eux l’année prochaine, ceux qui étaient conservés et ceux qui ne l’étaient pas. Ce sont des choix. On les a faits en disant que « Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas conservés que vous ne jouerez pas. Parce qu’il vous faut trouver des contrats, en espérant que vous jouerez le jeu. » Mais c’est toujours aléatoire. Par rapport à ce qui est annoncé,  il y aura certainement de nouvelles recrues mais cela dépend aussi de notre place en fin de saison. On travaille aujourd’hui avec des clubs pour essayer d’avoir des prêts comme avec Felix Lambey. L’un des avantages d’avoir été en haut du tableau cette année, c’est qu’il y a des clubs de Top14 qui s’intéressent à Béziers.

Objectif saison prochaine ?

Demi-finaliste quoi qu’il arrive.

Le staff sportif 2016-2017 :

C’était très important de se mettre d’accord avec Manny Edmonds parce qu’il arrivait en fin de contrat au 30 juin 2016 et il avait des sollicitations. Mais aussi parce qu’il fallait etre clair sur le sujet avant de faire signer les joueurs. Pour les recrues ausi, il fallait qu’on sache ce qui allait se passer. Donc on a voulu très vite être sécurisés et avoir une continuité dans le projet du club, d’essayer d’avoir le maximum de stabilité possible. Petrisor Toderasc est encore avec un an de contrat et Romain Carmignani est en discussion pour sa reconduction. Mais il n’y a aura pas de chamboulements au niveau du staff. Garder les entraineurs ne veut pas dire qu’on n’a pas besoin de faire des ajustements. Il peut y avoir des personnes qui viennent nous aider. On n’a pas encore tranché le sujet.

13-DSC_0596©Rugbiterre.Oc

Du côté des jeunes

Le projet des cadets à la Première :

On est en plein dedans puisque lors de la reconduction de contrat de Manny, c’est vraiment ce qui lui a été demandé. C’est aussi son souhait de ne pas s’occuper uniquement de la Première mais aussi de redescendre les étages, des Espoirs aux Cadets. Aujourd’hui, tous les recrutements du Centre de formation sont regardés et validés par Edmonds. L’objectif des joueurs du Centre et des Espoirs, c’est vraiment qu’ils puissent palier à des besoins de la Première. Aujourd’hui, on sait par rapport au recrutement de l’équipe première, quels sont les postes sur lesquels on pourrait éventuellement avoir des besoins l’année prochaine et sur lesquels il faut avoir des jeunes du Centre de formation qui soient capables d’aller jouer en Première.

Le centre de formation :

Il faut que ça devienne la réserve de l’équipe Première. L’avantage pour le recrutement du Centre de formation, c’est que les joueurs sachent qu’ils peuvent intégrer la Première. C’est ce qui peut faire notre différence par rapport à Montpellier ou Toulouse qui peuvent avoir d’autres arguments pour leurs Centre de formation notamment au niveau des études. On est peut-être limités dans les études qu’on peut leur proposer mais il faut qu’on puisse montrer aux jeunes que, chez nous, ils ont plus de chances de jouer en Première qu’à Toulouse, Montpellier ou au Racing et de signer un contrat pro rapidement.

En dehors du terrain

Partenariat avec le Farul Constanta :

C’est un partenariat qui est long à se mettre en place mais on ne l’a pas fait pour rien. Ils vont revenir prochainement. On devrait amplifier ce partenariat pendant l’été et arriver à du concret. Même si ce n’est pas le même club, le partenariat n’est pas innocent au recrutement d’Alexandru Tarus. Ça nous a beaucoup aidés à recruter ce joueur.

Bilan boutique centre-ville :

Ca doit être fait là. On a fait un bon début pour les fêtes de Noël. Ce qui est certain, c’est que c’est mieux que la boutique qu’on avait au club. Il faut amplifier pour passer un bel été. C’est une rue passante où il y a beaucoup de touristes donc à nous de faire en sorte qu’ils rentrent et qu’ils aient les produits recherchés pour acheter.

Les élections à la FFR :

On a l’impression qu’il faut mettre un grand coup de pied dans la fourmilière pour que les choses avancent. Quels sont les candidats les plus crédibles ? Honnêtement, je ne sais pas. Eric Freitas est allé aux réunions et a pu voir davantage les projets. Il y a un vrai problème avec les matchs internationaux. On est concernés avec Lomidze qui est souvent absent. Ça fait poser des questions sur le recrutement.
Sur le projet de Lucien Simon, est-ce qu’on ne peut pas considérer aujourd’hui que la ProD2 est la première division en poule ? Pour moi, il y a déjà une poule A et une poule B avec le Top 14 et la ProD2 puisqu’on est dans le rugby pro. Ce qu’il faudrait surtout, ce de voir comment on pourrait générer plus de recettes.

Maxime GIL