Le jour où Aurillac a dit merci à Béziers

16/10/2018

C’est désormais une certitude, Béziers ne recevra pas Aurillac cette saison. Du moins, pas au stade de la Méditerranée. Face au refus du club cantalou d’inverser la rencontre, l’ASBH doit trouver un stade de repli. Une situation délicate, faute de reconnaissance d’Aurillacois qui doivent pourtant un retour de bâton aux Biterrois…

Le communiqué est tombé en fin de journée, clair, limpide, d’une précision chirurgicale au moment d’expliquer pourquoi l’ASBH ne sait toujours pas où elle jouera dans 10 jours : “L’ASBH Rugby […] s’est heurtée à un refus sans détour de la part de Monsieur Christian Millette, président du SACA. Malgré tous les efforts de nos présidents à tenter de convaincre le Stade Aurillacois et nos discussions avec la Ligue Nationale de Rugby, en espérant qu’elle favorise cet échange de bon procédé, nous nous retrouvons aujourd’hui contraints à chercher un terrain de substitution homologué par les instances du rugby.” Une annonce qui fait interpelle, tant les dirigeants de l’ASB Foot n’ont eu aucun mal à s’entendre avec l’AJ Auxerre pour inverser une rencontre qui devait se tenir à La Méditerranée le vendredi 19 octobre. 

Pour rappel, la pelouse du stade que se partagent désormais ballon ovale et ballon rond doit être remplacée pour permettre aux deux clubs de poursuivre sereinement leurs saisons. Coût de l’opération : 200 000€ pour un mois de travaux, d’où la volonté des deux entités d’inverser leurs rencontres prévues. Sauf que du côté d’Aurillac, on ne l’entend pas de cette oreille. Et à un peu plus d’une semaine du match qui devait se tenir à Béziers, aucune solution de repli n’a, pour l’heure, été trouvée par les dirigeants biterrois : Narbonne n’est plus homologué, Montpellier est en travaux et Perpignan joue ce même week-end. Que reste-t-il ? Castres ? Toulouse ? Carcassonne ? Les trois équipes se déplacent ce week-end là… mais le terrain audois est sous l’eau. Une situation très délicate, provoquée donc par les prochains adversaires des Rouge et Bleu. Dont la Direction semble avoir la mémoire sélective…

MAINTIEN ET QUALIFICATION

Le 5 mai 2013, les Aurillacois débarquent à Béziers pour jouer la dernière journée de championnat. Avant cette ultime rencontre, les Cantalous sont 5e au classement (alors dernière place qualificative pour les demi-finales). Il ne manque qu’un petit point aux hommes de Jérémy Davidson pour s’assurer de terminer dans le dernier carré. Dans le même temps, Christophe Hamacek et Manny Edmonds étaient en mission sauvetage. L’ASBH, 15e au coup d’envoi, ne pouvait laisser échapper la victoire. Un échange de bons procédés n’a donc pas été de refus.

Le scénario est idéal pour les Biterrois qui prennent rapidement les commandes de la rencontre grâce à deux essais de Jean-Baptiste Peyras et Charly Malié : ils virent en tête à la pause (17-6). Le deuxième acte est relancé avec Jack McPhee qui remet les siens dans le sens de la marche (17-13, 47e) mais Peyras inscrit un doublé à l’heure de jeu pour asseoir le succès – et le maintien ! – de l’ASBH (61e, 24-13). Assuré du succès, Béziers baisse pavillon en fin de match et offre l’essai du bonus – et de la qualification – à Denis Fogarty juste avant la sirène, qui n’aura pas eu de mal à franchir la défense des Rouge et Bleu (79e). La transformation n’est pas nécessaire et est bazardée. 24-18 : joie à La Méditerranée pour fêter un maintien en ProD2 et une qualification en demi-finale. 

Le XV Biterrois : Bocca (Fernandes, 35e), Vermaas (Pinto Ferrer, 51e), Kervarec (Sheklashvili, 51e) – R. Martin, P. Martin (Moore, 51e) – Zouhair, Ramoneda (Carmignani, 67e), Caillet (Toevalu, 51e) – Howard, Malié – Marais, Puyo (cap. Fraser, 67e), Max, Gmir – Peyras (Amoros, 62e).

Cinq ans après cette offrande que les instances cantaliennes semblent donc avoir oublié, voilà Béziers dans une position inconfortable alors que l’équation aurait pu être résolu depuis des semaines, le foot ayant officialisé l’accord avec Auxerre le 27 septembre. Mais à l’heure d’un rugby qui cherche ses valeurs, celles-ci ne semblent même plus arriver dans le Cantal alors même que Mr Millette est membre du Comité de Directeur de la LNR. Belle image, d’autant qu’en recevant Béziers, Aurillac aurait enchaîné deux matches consécutifs à Jean-Alric… Un peu de pression certes, mais toujours moins contraignant que de lointains déplacements. Et sur la phase retour, les Aurillacois auraient joué un bloc à 2 réceptions / 2 déplacements. Une série équilibrée donc, qui n’aurait pénalisé en rien le club.

Dans ces circonstances différentes, mais qui posent tout autant une question d’équité, le président du SACA avait obtenu en moins de trois jours le report de sa rencontre inaugurale contre Oyonnax en août dernier. Une oreille attentive offerte par l’USO qu’il ne souhaite pas donner à Béziers. Reste à répondre à cet affront de la plus simple des manières, à la loyale… sur le terrain. Qu’importe soit-il !

Maxime GIL

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