Gilles Camberabero : “La Méditerranée ? Un outil avant-gardiste”

30/08/2019

Il fait partie de ceux qui ont connu le passage du Temple à la Coquille. Ce groupe qui, à l’été 1989, a quitté le vétuste stade de Sauclières pour prendre possession du stade de la Méditerranée, un antre taillé pour l’Histoire de l’AS Biterroise, un outil pour ambitionner l’avenir sereinement. Avant la réception de Valence-Romans, Gilles Cambérabéro est revenu pour Rugbiterre sur ses premiers souvenirs à La Méditerranée. Et livre aussi son regard sur la nouvelle fusion dans la Drôme. Interview.

A l’époque, comment s’est passé le départ de Sauclières pour La Méditerranée ?

Gilles Camberabero : Personnellement, j’étais arrivé peu de temps avant. Je n’étais pas imprégné comme les anciens. Dans le groupe, les sentiments étaient mitigés. Sauclières, c’était un esprit : le couloir, le terrain, les vestiaires… C’était l’ADN du club. C’était compliqué de passer à autre chose mais le stade était vieux et insalubre. Alors qu’à La Méditerranée, c’étaient les conditions parfaites par rapport aux ambitions. Ce n’étaient pas les meilleures années sportivement de Béziers, mais ça a donné comme une nouvelle dynamique avec de nouveaux objectifs. C’était un outil beaucoup plus grand et avant-gardiste.

Quels premiers souvenirs gardez-vous du stade ?

G.C : Régulièrement, on allait voir les travaux et on était impressionnés des tribunes. On trouvait ça extraordinaire. Dans les vestiaires, il y avait tout ce dont rêve un joueur : une piscine, des grandes douches… et les terrains d’entraînement aussi ! Pour nous, ça nous faisait rêver.

Et ce premier match contre Toulouse…

G.C : Le match en soi, j’en ai assez peu de souvenirs. Mais ce qui m’avait marqué, c’étaient les conditions : c’était l’enfer ! Ce jour-là, j’étais capitaine, et régulièrement, j’étais convoqué par l’arbitre pour savoir si le match aurait lieu. Franchement, c’était apocalyptique. On jouait dans 10 cm d’eau. Je pense qu’il a été maintenu parce que c’était le protocole d’inauguration.

Après, concernant le match, c’était une époque où l’ASB était en reconstruction. Toulouse dominait le rugby français. On savait que ça allait être compliqué. On s’était dit que la météo allait niveler un peu mais la logique a été respectée.

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Qu’est-ce que vous gardez en mémoire de votre passage à Béziers ?

G.C : Une année, je suis revenu avec Grenoble jouer à La Méditerranée. Ça avait été une grosse charge d’émotion de revenir à Béziers. On jouait tous les deux avec mon frère (Didier) et ça avait été un match compliqué pour nous.

Après, j’en garde un très bon souvenir. Je n’ai pas fait beaucoup de clubs dans ma carrière, mais Béziers, ce sont mes meilleures années rugbystiques. C’était un club en reconstruction mais avec de l’ambition. Il y avait un groupe très sympa, très humain. Je regrette de ne pas être allé au bout en 1991. On avait les moyens de gagner un titre !

Aujourd’hui, que devenez-vous ?

G.C : Je m’occupe de la marque de texte Cambé, je bouge beaucoup. J’avais arrêté le rugby mais j’ai repris comme entraîneur des Espoirs au Rhône Ovalie Club il y a trois ans (fusion La Voulte – Valence), puis j’ai continué lorsque le club est devenu Valence – Romans. Aujourd’hui, je donne un coup de main à mon club d’origine, La Voulte, en honneur.

Un mot sur cette équipe de Valence-Romans Drôme rugby, promue et adversaire de l’ASBH ce soir ?

G.C : Je vois cette équipe d’un très bon œil car elle fait partie du travail sur les fusions. La première a été faite brutalement, peut-être mal faite. Mais elle est incontournable pour retrouver du rugby de haut niveau. Il y a une culture rugby à Romans et Valence apporte l’appui financier. Ce sont des fusions auxquelles j’ai contribué.

L’objectif, c’est le maintien. La ProD2 est compacte et homogène. Le groupe a été conservé, avec quelques ajouts pour se renforcer. Surtout, le club a une très bonne santé financière et le projet est sérieux et solide.

Votre pronostic pour ce soir ?

G.C : Je pense que Béziers va gagner. Ce serait un problème de perdre conte Valence-Romans. Allez, 32-12.

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