Chronique de la Rambarde : la muraille Rouge et Bleu

13/09/2019
Rémy Rugiero

Après le succès en terre Aurillacoise la semaine dernière, les Biterrois avaient pour mission de conclure ce bloc en proposant une prestation convaincante, afin de valider un début de saison positif. Malgré une infériorité numérique, à nouveau précoce, l’ASBH a tenu son rang, en écartant les Provençaux (22-0) et en s’offrant un bonus offensif sur la sirène. Du bel ouvrage.

UNE AFFAIRE DE CONQUÊTE

Face à des visiteurs, venus dans l’Hérault pour tenter d’effacer un échec à domicile face à Grenoble, les Biterrois focalisés sur l’objectif initial, à savoir confirmer la dernière sortie, ont rapidement compris que les débats seraient concentrés sur le petit périmètre. Ce n’est pas faute d’écarter le cuir, d’étirer un rideau défensif dense, de combiner sur la ligne d’avantage, la plupart du temps, les tentatives furent vaines. Sans rechigner, les locaux ont su tirer profit de leur solidité procurée par un jeu d’avants toujours aussi robuste. Chico Fernandes ira en terre promise après un ballon porté d’école. La marque de fabrique et la réputation qui va avec aussi. De quoi poser les bases d’un premier acte, heurté sur les points chauds et plutôt brouillon sur les ambitions offensives. Arnaud Pic y parviendra à de nombreuses reprises, et son action dans le couloir, relayée par Pierre Bérard rattrapé sur les derniers mètres aurait mérité un meilleur sort. D’autant qu’Uwa Tawalo commettra une faute de goût dans la foulée. Plaquage virulent à l’endroit de l’Aixois Adrien Bau, à vitesse réelle le coup fut terrible. Le principe de précaution est appliqué y compris pour la sanction inévitable. Confrontés à cette indiscipline, les Rouge et Bleu ne perdaient pas pied, bien au contraire. Karl Wilkins ira de sa réalisation après une série de collisions en règle sur la ligne d’essai. Du meilleur effet, pour mettre à mal un adversaire qui aurait pu se rebiffer selon la tournure des événements. La pause est atteinte sur un (14-0) favorable à Béziers. Et dans les esprits, se préparer à tenir la comparaison pour se préserver d’un retour des Aixois.

Plutôt sereins et organisés, malgré quelques fautes de main sur des temps de jeu bien sentis, l’ASBH surprenait son monde sur sa capacité à tenir le ballon. Infligeant de longues séquences aux Provençaux, on était en droit de se demander qui évoluait à 14 depuis la demi-heure de jeu. Les Héraultais furent patients, sur leurs possessions, mais aussi sur les moments faibles notamment quand les Aixois furent tout proche d’inscrire leurs premiers points dans les 5 dernières minutes. Insuffisant pour malmener l’entreprise Biterroise, avec dans l’idée bien perceptible d’aller chercher une récompense bonifiée, histoire de mettre du beurre dans les épinards. Actifs dans le jeu au sol où Béziers fit merveille hier soir, souvent dans l’avancée à coups de percussions collective, l’ASBH trouvait le salut dans les ultimes instants, une vieille habitude. Portés par les supporters, bruyants à souhait, Kelly Meafua et ses coéquipiers seront propulsés dans l’en-but, et marquer ainsi ce troisième essai tant convoité. Un sacré retournement de situation pour une opération mal embarquée, souriant à la formation ayant proposé le plus de jeu dans la soirée. 22-0, le bilan , la Tribune de Face exulte et peut féliciter les siens.

DE L’AFFECTION À REVENDRE

Un bloc qui se termine par un bonus offensif est un signe de bonne santé collective. Museler la 3 ème attaque du championnat atteste que la défense reste un secteur efficient. Outre le sentiment du devoir accompli par les camarades de Jonathan Best, il convient de mettre en exergue cette solidarité démontrée à nouveau par l’ensemble des Rouge et Bleu. Des joueurs altruistes, soudés et vaillants comme pas possible sur le secteur défensif. On pense au précieux Maxime Veau excellent dans ce registre. Globalement, car le rugby est avant tout une histoire d’hommes, ce sont les comportements dans le groupe qui sont à louer. La cohésion entre avants et trois-quarts est à mettre en évidence. Tout n’est pas parfait et la marge de progression paraît évidente. Mais le principal est assuré à savoir l’implication mise sur le pré. Et le doute n’est jamais permis. Globalement, car le rugby est avant tout une histoire d’hommes, ce sont les attitudes observées qu’il s’agit de complimenter. L’émulation mise en place par le staff y trouve son compte aussi. Sans faire de bruit, Béziers s’installe dans les hauteurs. Tirer des conclusions hâtives serait absurde tant ce championnat est parfois déroutant. Mais avec une telle application, une volonté d’exister, et du courage à revendre, Béziers a récité ses gammes qu’il connaît sur le bout des doigts. Et dans son combat, une bataille fut glanée hier, le chemin s’annonçant toujours aussi passionnant..

Rémy RUGIERO

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