Chronique de la Rambarde : l’ASBH à la croisée des chemins ?

03/10/2018
Rémy Rugiero

Après la déconvenue subie face à Carcassonne (47-13) du côté d’Albert-Domec et qu’il convient d’analyser à sa juste valeur afin de rebondir. Après les divers commentaires, réactions et autres déceptions en tout genre, d’usage suite à un derby tronqué. Après une remise en question nécessaire, obligatoire pour ne pas dire indispensable. Dans l’exagération ? Peut-être mais Béziers doit proposer un meilleur contenu, et l’investissement collectif sera la première des réponses à produire. Décryptage.

ANGE OU DÉMON ?

La caractéristique principale qui se dégage de l’ASBH cette saison, c’est bien son irrégularité. Capable du meilleur comme du pire, d’être offensivement dans l’avancée permanente comme dans le néant tactique. Les facteurs sont multiples et variés, sans focaliser sur les présumés coupables. Il s’agit de revendiquer une révolte collective. Propre au rugby, son essence par dessus-tout. Car il faut bien avouer qu’après 6 journées, l’urgence est loin d’être manifeste. Comptablement, Béziers reste dans les clous et ne souffre aucunement d’une éventuelle crise. Non le mal est plus insidieux, peut-être structurel dans la naissance d’un groupe qui doit apprendre à s’apprivoiser. Le turn-over à l’intersaison étant important, les risques étaient ciblés. C’est l’histoire d’un club jalonné d’un contexte plus ou moins favorable. Surfer sur la dynamique de la saison passée semblait pour la majorité une évidence. C’est faux et les preuves sont légions. L’ASBH est en pleine reconstruction devant vos yeux. Certains cadres de jeu ou de vestiaire ont rangé les crampons vers d’autres cieux. D’autres ont garni les rangs des Rouge et Bleu et le temps d’adaptation semble s’éterniser. L’effectif s’est amoindri ? La qualité intrinsèque des joueurs est-elle globalement satisfaisante ? L’expérience du Top14 est-elle suffisante pour ne pas bousculer ses certitudes. Ces questionnements posés sur la table, vous aurez une partie de réponse des maux actuels des Héraultais.

Les deux visages affichés selon le terrain de jeu tranchent avec les ambitions clairement affichées. Tout le monde aurait à y gagner, en délaissant les éléments de langages et en s’appropriant un projet de jeu qui ne demande qu’à s’étoffer. Viril mais correct, place aux actes. C’est un discours qu’on vous sortira à toutes les sauces jusqu’à l’éventuelle indigestion. Cela s’apparente parfois à de la maladresse. Comme des 2 contre 1 gâchés par excès de précipitation, des essais encaissés à 0 ou une passe qui vous flanque en l’air le tableau noir de la semaine. Comme une réussite au pied qui fuit vos tentatives pourtant rodées il y a encore peu. Béziers apprend et se trouve dans une position bancale. En gros, vaincre Oyonnax ne sera pas une sinécure. Les joueurs de l’Ain sont taillés pour jouer la remontée immédiate. L’occasion de revoir Manny Edmonds et Phoenix Battye. La réception des Oyomen fait peur. Tant mieux on vous dit, c’est dans ces conditions que Béziers construit en général ses beaux succès. Mais à force d’user les mêmes ficelles, le danger n’est-il pas là ? De construire à nouveau ce que vous avez tenté de consolider quelques semaines auparavant. Cette irrégularité qui colle à la peau des Biterrois. Qui la rend d’ailleurs attachante, mais parfois aussi irritante.

LE TERRAIN COMME RÉVÉLATEUR

Place au jeu, aux intentions et à l’envie tout simplement. Les supporters furent vexés dans l’Aude pour ce qui représentait à leurs yeux l’un des rendez-vous incontournable de l’année. Le collectif a failli c’est un fait. Faut-il pour autant appuyer sur les errements ou bien positiver sur les fondations entrevues à domicile ? Certains leviers seront à activer pour avancer ensemble. Le minimum syndical face à des visiteurs qui annoncent vouloir faire un coup à Béziers pour alarmer la concurrence. Se faire mal, une expression qui sied bien à la réaction attendue. Oyonnax n’a jamais tremblé face à Bourg-en-Bresse la semaine dernière à Charles-Mathon (49-16). Un plein de confiance qui permet d’enchaîner, de tenter le crochet supplémentaire, la passe risquée pour créer le décalage, ou la relance à la main plutôt que privilégier la sortie de camp classique. C’est dans une sorte de folie que Béziers pourrait renouer avec ses arguments. Malgré quelques absences notables ou de circonstances, le XV aligné ne doit plus se poser de questions. L’entame donnera les premiers indices d’une éventuelle rébellion. On peut imaginer une adaptation à l’adversaire, varier les plaisirs sur l’occupation et les choix des lancements. Peu importe le flacon comme dirait l’expression consacrée..

Dans cette rencontre décalée à un jeudi soir, qui reste une hérésie dans le mundillo ovale, les ingrédients de base seront réclamés. La fameuse clé du match, la question pratique sortie à chaque point presse, les éléments qui vous permettent de déborder l’équipe d’en face restera l’implication. Et la compréhension, au-delà des attentes tactiques loin d’être acquise et qui saute aux yeux, de la nécessité de retrouver certaines vertus parfois laissées en route. En s’imaginant de l’allant et des passes dans le dos, des intervalles sciemment ouvertes et un appétit d’en découdre à la loyale pour apaiser les tensions qui rejaillissent parfois sur le pré. Les supporters Biterrois attendent ces gestes, ce don de soi qu’il ont entrevus face à Montauban il y a peu. Oyonnax représente un défi taillé sur mesure, qu’il convient d’aborder avec passion. Car il en faudra autant sur le terrain que dans les tribunes pour converger sur de futures réussites..

Rémy RUGIERO

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