Chronique de la Rambarde : le coup de grâce de l’ASBH en Isère..

01/04/2017
Rémy Rugiero

Rodney Iona et ses coéquipiers, victorieux jusqu’au bout du suspens à Bourgoin-Jallieu 

 

Contexte particulier pour ceux qui ont eu l’opportunité d’effectuer le déplacement en Isère. Et s’il faut bien commencer par un préambule, il semble impossible de balayer d’un revers de main la tristesse ambiante qui régnait à Pierre-Rajon vendredi soir. Perceptible, touchante et tellement évidente. Les berjaliens ont semblé résignés mais admirablement fiers de leurs couleurs. Sur le pré, la victoire sur le fil des Rouge et Bleu passerait presque au second plan. Pourtant, il fallait se rendre à l’évidence, malgré une rencontre décousue, où les scories de part et d’autres ont émaillé le déroulé poussif du tableau d’affichage, le principal était acquis. Les 4 points ramenés du déplacement assurent sans trop se mouiller un maintien de l’ASBH. Mais ils offrent surtout, une clôture d’exercice passionnante avec un explosif Béziers/Montauban dans le collimateur à venir.

NUL ET VIERGE

L’ambition clairement affichée de remporter la totalité des dernières confrontations, il était impératif de mettre à genoux la lanterne rouge du championnat. Et la difficulté pour arriver à ses fins, démontre une fois de plus, que la ProD2 est une compétition qui ne se ressemble pas d’un weekend à l’autre. Les amateurs hitchcockiens de sensations fortes et de scénarios indécis auront trouvé un malin plaisir quant à l’issue de la rencontre. Le score à l’ancienne nul et vierge à la pause donnera également un indice sur le cheminement d’une opposition qui ne devrait pas rester dans les annales. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé de chaque côté, entre des chevauchées solitaires mal négociées, des situations dangereuses aux abords de la ligne ou bien des cadrages mal élaborés. Non c’était surtout la maladresse technique générale de l’instant qui interdisait un rugby champagne qui caractérise actuellement le jeu biterrois. Face à la pugnacité berjalienne, les biterrois peut-être aussi empruntés après la victoire énergivore obtenue face à Colomiers, ont semblé parfois émoussés sur le plan physique. Récitant le schéma préparé, en s’appuyant sur des éjections rapides à la recherche des extérieurs pour trouver les flèches Morad Touizni et Lucas Daminiani, les héraultais sont tombés sur un mur isérois. Sans véritable solution, et contenant les réactions adverses, le rythme du match baissait d’intensité. Sans être franchement ennuyeuse, il manquait l’étincelle pour donner enfin la pleine mesure envers chacun des protagonistes.

50 minutes pour meubler enfin le score, et c’est Bourgoin qui déclenche les hostilités. Après des échecs des buteurs en présence, Avatia Silago côté isèrois et Lachie Munro côté héraultais, nous attendions avec impatience le moindre éclat se profiler. Parfois par bribes, souvent mal construits, sans patience où la musique était jouée plus vite que la partition, il était dit que vendredi soir nous n’aurions pas notre dose habituelle offensive au menu. Certainement trop habitués eu égard aux dernières prestations de haute volées, difficile pour les biterrois d’enchaîner face à des berjaliens coriaces sans être géniaux. Et n’oublions pas que le dernier virage se présente, la fin de saison aura marqué les corps et son cortège de blessés (Karim Kouider s’étant malencontreusement invité à la longue liste déjà existante). Si parfois, on dénotait un manque d’ambition, voire de frilosité à coup de ballons rendus et de chandelles improductives, Béziers se dirigeait droit vers une nouvelle désillusion à l’instar des déplacements infructueux du côté de Biarritz et Mont-de-Marsan notamment. 9/6 pour les Ciel et Grenat dans le dernier quart d’heure, on ne voyait plus trop la clé pour percer le rideau défensif des hommes d’Alexandre Péclier, et nous étions presque résignés à ramener un petit point de bonus défensif en guise d’amer lot de consolation. Mais comme on vous l’a expliqué en détail, la formation biterroise s’est fixé un objectif de taille. Fou pour certains, réaliste pour d’autres, le choix de la pénaltouche à la fin de la rencontre faisait débat. Mais il n’en n’était plus question quand Elijah Niko s’en allait en dame pour l’essai de la victoire. Circulez, y’a plus rien à voir ! Lachie Munro parachevant comme à son habitude le succès (9/13).

BÉZIERS LEADER EN 2017

La joie au coup de sifflet final était logique. Béziers s’est fait peur et s’évite par la même occasion un sacré coup derrière la tête. Les berjaliens valeureux n’ont pas été en mesure de déborder la défense héraultaise (qui par ailleurs est plus que jamais la meilleure à l’extérieur). Vaincre en Isère était un cheminement logique, un test de caractère supplémentaire. Si les fondamentaux ont globalement répondu présents, c’est dans l’orientation du jeu que les biterrois se sont peut-être perdus. Face à un pack berjalien moins dense, les hommes de David Aucagne et David Gerard n’ont pas souffert de la comparaison. Vouloir faire vivre le jeu et s’exposer aux contres auraient pu coûter la mise. Et cette perdition globale n’aura jamais permis à l’ASBH de rentrer totalement dans la partie. L’essai à la loupe est à classer dans les modèles du genre. Il restera comme le seul coup d’éclat d’une rencontre bien terne aux yeux de tous. Si le succès amène la sérénité et panse les coups, le niveau de jeu devra être revu à la hausse pour se permettre un peu de folie dans ce championnat qui n’en manque guère. L’objectif atteint, il est déjà temps de se projeter sur la suite, Béziers aura fait le plus dur dans la course au maintien, les 13 points d’avance sur le premier relégable albigeois lui autorisant une relative quiétude. Et fait marquant, grâce à ce succès, l’ASBH se situe en pôle position sur l’année 2017 devançant Biarritz et Oyonnax. Que de chemin parcouru depuis Décembre 2016..

On s’en frotte déjà les mains. La réception de Montauban la semaine prochaine s’annonce palpitante à souhait. Le rappel d’une dernière journée tendue à Sapiac la saison dernière, les montalbanais ôtant dans les ultimes minutes le bonus offensif biterrois empêchant la qualification sur le fil. Il y aura de la revanche dans l’air face à des sapiacains qui reviennent bien, et qui veulent s’inviter à la table des qualifiables. Les biterrois finissant l’année 2017 en boulet de canon, sans autre pression que poursuivre l’oeuvre accompli et donner du plaisir à ses supporters, c’est un duel passionnant qui s’invitera au Stade de la Méditerranée vendredi prochain à 20 heures. Et puis il sera également l’occasion de voir le retour de Jordan Puletua, qui aura purgé sa suspension, qui devrait signer à Montauban la saison prochaine sans confirmation pour le moment. Il semble évident qu’un rappel des troupes s’impose, afin de remplir les tribunes pour l’avant-dernière affiche de la saison à domicile, pour cette rencontre qui ne manquera pas de sel soyez en sûrs. On ne peut que se délecter de pareille confrontation après avoir touché l’enfer de près et aujourd’hui en étant estampillé première formation du ProD2 en terme de résultats sur la phase retour..

Rémy RUGIERO

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