Chronique de la Rambarde : clap de fin de l’incroyable épilogue Biterrois..

23/04/2018
Rémy Rugiero

Après une telle journée colorée, bruyante et savoureuse, malgré la déception au coup de sifflet final, le peuple Biterrois aura très vite basculer dans la joie, la reconnaissance et l’espoir de revivre pareils moments de convivialité. L’ASBH s’est inclinée avec ses armes, sans démériter, avec panache et convictions pour mourir à quelques unités de solides Montois. Si les souvenirs et les émotions se sont entremêlés à Guy-Boniface, chacun sera unanime sur la fusion passionnelle entre le club et ses supporters. Prémices de la construction et de perspectives sportives qu’il convient d’affirmer.

VACANCES AMÈRES

Le groupe Rouge et Bleu s’était préparé du mieux possible pour affronter les Landais, les comportements s’étaient recentrés vers un même objectif. Continuer l’aventure était un préalable logique après une fin de saison séduisante. Et cette confiance qui transpirait notamment sur les sorties victorieuses en toutes circonstances. Béziers n’était pas la cible privilégiée de la concurrence à l’aube des barrages et de la phase finale. Une forme de respectabilité et de statut qui vous confèrent non pas des obligations, mais certainement d’en assumer les conséquences. Se déplacer dans un match couperet est statistiquement effrayant, mais ne doit pas laisser de place aux doutes. Finalement, si l’expérience des joutes à suspens est clairement un précieux atout, l’énergie déployée depuis Août dernier et ce marathon de ProD2 tellement exigeant, impactent aussi ces conclusions. Béziers n’était qu’à deux points des locaux à quelques minutes de la fin, c’est dire l’infime écart entre deux formations au final très proches dans le money time. Les Montois connaissent la chanson, pragmatiques dans l’occupation, scorant dès que l’adversité venait chatouiller le tableau d’affichage, la principale force des Montois sur cette rencontre étant d’être restés maîtres de leur destin. Suffisant pour écarter la menace et envoyer les Héraultais sur le côté. Qu’importe, si vous apprenez de vos succès, c’est également le cas de vos échecs. Et les Biterrois peuvent être fiers du contenu malgré quelques scories de trop pour espérer créer la sensation.

Vacances amères selon l’expression de plusieurs joueurs, qui auraient souhaité prolongé le plaisir, entretenir et croquer davantage ces ambiances majestueuses et dévorantes des phases finales. Il aura manqué de la justesse sur les sorties de camp et dans le domaine aérien pour éviter de s’exposer au redoutable contre Montois. Si la touche fut impeccable, quelques signes de fatigue en toute fin de rencontre permettront aux Landais de tuer les derniers espoirs de tout un club. Sans coups férir, la défense Héraultaise fut présente face à l’opposition musclée, là où le combat faisait rage et les mètres gagnés vous donnant de l’assise pour organiser votre partition. Sous une chaleur accablante, les premières étant une véritable souffrance pour le malheureux dépassant le quintal, avec cette forme de pression sur les réceptions et les points de rencontres, ce duel s’est joué sur quelques détails. L’indiscipline Montoise (14 fautes face à 11) trahit pourtant une certaine crainte face à des Biterrois revenus dans les clous. Si les essais de Malafosse et Matanavou auraient pu couper les jambes des visiteurs, à force de courage et d’abnégation les Rouge et Bleu parviendront à recoller au score et offrir un final palpitant. Le dernier coup de collier sera cependant Landais, venant doucher les prémices d’un retour inespéré. Béziers s’arrête aux stades des quarts de finale, en honorant son rôle d’outsider à merveille tout en ayant l’ambition d’y revenir sans trop tarder.

CONSTRUIRE POUR DURER

Voilà donc une saison pleine en rebondissement qui s’est achevée, ponctuée de dix-neuf victoires et d’un florilège de résultats retentissants. Avec un trentaine de contrats professionnels, David Gerard et David Aucagne ont tiré à profit au maximum les qualités d’un groupe qui aura connu le doute, la réaction et l’affirmation. En se servant des jeunes espoirs à foison, en donnant confiance à certains garçons dont le progrès et le bien-être ont rayonné sur le pré, le staff aura réussi la prouesse d’impliquer toute une formation vers des cieux presque oubliés. En se remettant en question, en communiquant inlassablement et en administrant une dose de confiance nécessaire pour affronter les défis proposés, les entraîneurs Biterrois ont rempli leurs objectifs. La stabilité et les résultats leur donnant raison sur toute la ligne. Et les joueurs ont répondu favorablement, au management mis en place et au travail concocté. Cette symbiose qui éclate aux yeux et qui pourrait prendre de l’ampleur à condition d’y mettre les moyens pour perdurer. La saison fut harassante, les Héraultais ont du puiser dans des ressources insoupçonnées pour vaincre à la maison et s’offrir le peu de répit qu’on leur offrait. Contre Vannes, Aurillac, Massy et bien d’autres, la correctionnelle n’est jamais passée loin en n’oubliant pas les couacs contre Angoulême et Narbonne. Deux échecs qui auront permis de dire des choses, de s’expliquer entre quatre yeux pour connaître les motivations de chacun. Quelle plus belle réponse que cette saison 2018 admirable en bien des points, et qui n’aurait peut-être pas trouvée un écho sans avoir touché le fond.

Si l’heure du bilan est arrivé, si quelques esprits chagrins et autres commentaires viendront oublier le parcours obtenu et la situation dans laquelle se trouvait l’ASBH au début de l’Hiver, l’immense majorité conviendra également du plaisir procuré à plusieurs reprises durant la compétition. L’analyse d’un groupe qui s’est sublimé pour offrir une sortie remarquables aux retraités historiques et autres départs entérinés. Transmettre des vibrations inégalées depuis des lustres au public Biterrois qui a joué un rôle sans précédent durant l’année et dont les joueurs auront apprécié le soutien. La ferveur, les visages souriants mais aussi les coups de gueules et les traits tirés durant l’année pour construire une histoire, un scénario et un final sympathique. Bien sûr rien n’est acquis, d’autres exemples antérieurs l’ont prouvé et c’est le principal défi qui s’ouvre auprès de l’ASBH. Tout est cyclique et le rugby n’y échappe pas, la transition devra être gérée au mieux en choisissant au mieux les hommes qui pourront reprendre le flambeau et poursuivre l’oeuvre. Le terrain et les tribunes ont donné pleinement satisfaction après cette conclusion émouvante à Guy-Boniface, théâtre d’une communion de tous les instants. Que Béziers s’affirme encore et retrouve définitivement la régularité qui lui faisait tant défaut. Et le peuple Biterrois saura l’accompagner vers sa destinée..

Rémy RUGIERO

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