Chronique de la Rambarde : Béziers, le collectif comme argument

09/05/2016
Rémy Rugiero

Le collectif de l’ASBH à l’unisson pour la fin du championnat

La surprenante défaite contre Dax voici quelques semaines avait semé un grand trouble au sein de l’ASBH. Par la manière et le contenu, ce jour-là, les biterrois avaient semblait-il tout perdu. Mais il y a toujours des notions qui émergent après de telles gifles, en résumé où Béziers se remettait à l’endroit pour espérer, ou bien le navire sombrait définitivement et c’était fini pour la course à la qualification. Au courage, les Rouge et Bleu ont resserré les rangs pour obtenir un succès mérité en terre berjalienne. Retour sur une victoire loin d’être acquise mais qui aura surtout démontré que le groupe n’était pas en perdition.

 

LA BONNE ATTITUDE

Clairement, dans les premières minutes, il ne fallait pas être devin pour ressentir que les hommes de Manny Edmonds avaient pris le jeu totalement à leur compte. Sur la première demi-heure, l’occupation, les initiatives et le plus important, le score, étaient au bénéfice des visiteurs. L’intensité était perceptible à Pierre-Rajon, les joueurs désireux de faire oublier l’affront subi contre Dax ainsi que pour se prouver que le ressort n’était pas définitivement cassé en cette fin de championnat. Le match très propre de Lachie Munro trouva un écho à la bonne prestation biterroise. 12/0 dans ces moments, c’était une entame parfaite pour chasser les vieux démons et basculer sur l’objectif de la journée, la gagne. Les isérois ont riposté de façon virulente, avec de jolis mouvements sur les extérieurs et ce diable de Nicholas Price intenable sur les débats. Deux essais qui montrèrent que Béziers avait encore quelques soucis en défense, sur des duels et parfois dans le jeu dans l’axe. A la pause, Bourgoin passe devant 14/12, avec l’impression que les hommes de Serge Laïrle et Alexandre Péclier auront bonifié chacune de leurs incursions au détriment des biterrois.

De quoi pester par rapport aux efforts fournis, le sentiment que le résultat soit sévère titilla les neurones des amoureux de l’ASBH, mais voilà l’efficacité était locale. Pourtant certains indices se faisaient jour, et comment ne pas citer la belle prestation de la première ligne, si décriée durant la saison, et qui pour le coup a rendu une belle copie. Comment ne pas saluer sur ce premier acte, le courage de Marco Pinto-Ferrer, blessé à l’épaule avant le coup d’envoi, qui aura serré les dents à son habitude pour tenir le plus longtemps afin de céder sa place au jeune Baptiste Phalip. Comment ne pas témoigner de la hargne de cette troisième ligne, avec le retour de Jean-Baptiste Barrère notamment, qui aura permis d’annihiler bons nombres d’occasions pour le CSBJ. Déjà lors de ces 40 premières minutes, l’état d’esprit affiché laissait présager d’une suite potentiellement séduisante. Et pour tout vous dire, nous n’avons pas été déçus du scénario qui allait suivre.

LE COMBAT COMME POINT DE SALUT

Malgré ces bons points distribués et cet écart si minime soit-il, les berjaliens avaient d’autres idées moins réjouissantes pour les hommes du capitaine Battye. Suite à une succession d’attaques et de pilonnage en règle, les Ciel et Grenat étaient récompensés par un essai en bout de ligne de Vincent Barrière, de quoi semer le doute et marquer les esprits. 19/12 à la 50 éme minute de jeu, Pierre-Rajon pouvait exulter, c’était déjà le bonus offensif en poche. Mais il était dit que ce Béziers là en avait sous le coude. Et que son heure finirait bien par arriver. Toujours avec l’appui d’une mêlée fermée retrouvée, d’un alignement impeccable et d’un soutien sans faille, les Rouge et Bleu ont commencé par refaire surface. Les biterrois ont réinvesti de façon massive le camp berjalien jusqu’à trouver la faille, sur un maul pénétrant parfaitement exécuté, concrétisé par Bakary Meïté l’heureux élu 19/19. Coup de froid dans le stade, Béziers totalement relancé à l’approche de cette fin de rencontre et Bourgoin déstabilisé par des visiteurs qui avaient parfois plié mais pas rompu. Le plus beau symbole étant la pénalité obtenue sur mêlée, pas évidente celle-là mais tout s’équilibre dirons-nous, qui permettra à Lachie Munro de gonfler le score à 19/22 en faveur de Béziers. Par la suite, les berjaliens vexés auront tout tenté, à quelques centimètres près tout proches d’aller en dame, mais un pied, un bras, une épaule tout ce que voudrait, Béziers ne céda pas. Les bras pouvaient enfin se lever au ciel, la victoire était belle. Ne boudons pas notre plaisir.

Les autres résultats connus, un féroce combat aura lieu pour arracher cette 5 éme place, ultime sésame pour une qualification avec dans le coup Colomiers et Perpignan. Bien sûr, Béziers s’est compliqué la tâche contre Dax inutile d’épiloguer encore sur ce sujet. Mais quand on y regarde bien, ce succès contre Bourgoin s’est construit dans les jours qui suivirent ce coup de massue. Et on ne peut que tirer notre coup de chapeau aux premiers concernés, dans leurs attitudes et leurs performances. La joie qui transpirait au coup de sifflet final et dans les vestiaires était palpable. Mais aussi le devoir de se projeter immédiatement sur la venue de l’Aviron Bayonnais ce jeudi soir à 20h45 à la Méditerranée. Un 1/8 éme de finale pourrait-on dire, face  à des basques assurés de disputer une demi-finale mais qui ne viendront pas en victimes toutes déclarées non plus. L’occasion de passer un message dès aujourd’hui, chers amis supporters, pour ce dernier RDV de la saison, pour que ce frison puisse encore avoir lieu et pousser dans le même sens, venez garnir les tribunes jeudi soir. Bien sûr l’horaire est stupide et le timing difficile pour d’autres, mais c’est certainement le moment de la saison où votre équipe aura le plus besoin de vous. Allez Béziers macarèl !