Chronique de la Rambarde : des certitudes pour l’avenir..

23/05/2016
Rémy Rugiero

 Des regrets et de la déception mais un sentiment de fierté pour l’ASBH

Combien de sentiments mélangés de passions et d’espoirs ont pu accompagner les supporters biterrois jusqu’au bout ? Ce final dingue à souhait, cette pression merveilleuse qui parfois accompagne un joli destin. Les Dieux de l’Ovale n’étaient pas au chevet de l’ASBH du côté de Sapiac dimanche après-midi, mais on peut exprimer sans sourciller une grande fierté envers cette formation qui aura procuré beaucoup de plaisir mais qui au final échouera aux portes de la qualification. Retour sur la rencontre et un contexte à couper le souffle.

SI PRÈS SI LOIN

Il suffisait d’approcher les vestiaires à la fin du match pour capter l’immense tristesse qui s’était emparée des hommes du capitaine Phoenix Battye. L’émotion à son comble après avoir rempli, encore une fois, la mission qui leur était proposée. Ce déplacement était loin d’être une sinécure. Très vite, l’hostilité était au rdv. Sur et en dehors du terrain. De quoi galvaniser les troupes de Manny Edmonds, se battre contre les éléments cauchemardesques pour cette conclusion. Des caractères qui se sont encore affirmés pour répondre aux offenses et croire en son étoile. Le premier acte fut copieusement dominé par les biterrois. Une occupation systématique, avec une pluie de pénalités à l’avantage des Rouge et Bleu. Pour un résultat peu conséquent, avec une gourmandise peut-être trop exacerbée pour aller chercher des touches au détriment du score. 10/6 en faveur des visiteurs aux citrons, pas cher payé au vu de l’engagement et des circonstances. D’autant qu’ailleurs le vent soufflait dans la bonne direction.

Après le retour aux vestiaires, la marche avant était enclenchée. Nette et sans bavure, Béziers rajoutait de l’efficacité et gonflait irrémédiablement le score. Deux jolis mouvements conclus par Sabri Gmir sur l’extérieur, bien servi par Simon Chevtchenko, puis celui de Steve Fualau concluant le travail de sape des avants, donnaient de l’ampleur pour dessiner une nouvelle victoire. Il était dit que la gagne ne faisait plus de doute, et que l’unique objectif de cette fin de match était l’obtention d’un bonus offensif qui pourrait ouvrir les portes du paradis. Il n’en fallait pas moins pour Montauban, qui parvenait à réagir après une longue séquence de mêlées ordonnées où Béziers baissait pavillon. Fred Quercy acheva l’action en coin et tout était à refaire. 10 minutes pour aller chercher un exploit quand les autres résultats vous sont défavorables en l’espace de quelques secondes. Rien ne pouvait perturber Félix Lambey, Rémi Bourdeau et consorts. Ils se l’étaient promis, c’est par eux que viendraient le bonheur d’une qualification, et à quelques centimètres près, c’est exactement ce qu’il s’est passé.

ÉMOTIONS GARANTIES

Le coup de sifflet final de Mr Laurent Cardona coupa court aux dernières salves biterroises. Tout le monde avait compris que ce succès n’était plus suffisant. 22/13 à Sapiac, dans d’autres conditions elle aurait été salutaire mais le succès de Colomiers interdit d’accrocher ce fameux sésame. Déception légitime, souvenirs d’une saison, moments difficiles, scènes de liesses, tout y passe dans ces quelques secondes où votre destin sportif vous échappe. La frustration pour un collectif qui s’est parfaitement retrouvé, où chacun fait l’effort pour le copain, une motivation sans faille qui aurait pu être récompensée par une phase finale. Béziers n’aurait pas volé ce privilège, présent pendant de nombreuses semaines parmi les qualifiables, être sorti des prétendants à de quoi rendre plus amer cette conclusion. Les défaites contre Lyon, Biarritz et Dax à la Méditerranée pèsent lourdes dans le bilan, malgré des résultats à l’extérieur largement revus à la hausse. Ces détails parfois, ces bonus oubliés, ces situations mal engagées auxquels en face les Rouge et Bleu auront offert de belles prestations.

Il est temps de venir conclure cette saison 2015/2016. Les joueurs auront gagné le respect, c’est peut-être le plus important dans l’histoire. Trébucher c’est dans le parcours d’une formation obligatoire pour relever la tête et s’en servir pour rebondir. L’exemple de ces dernières semaines en est la parfaite illustration. Le jeu offensif mis en place par le staff biterrois fut un régal. Les prises d’initiatives permanentes, les relances à l’envie, les actions magnifiques qu’on ne compte plus sont rangés dans le rayon des grandes satisfactions. A contrario, une mêlée chahutée, une défense parfois débordée auront aussi amené des difficultés. De quoi occuper cette longue trêve avec l’arrivée de nouvelles recrues à intégrer, un projet de jeu à affirmer définitivement et faire aussi bien que cette année. Merci Messieurs pour cette saison riche en rebondissement, Béziers revient sur le devant de la scène et le plaisir ne demande qu’à être prolongé. Comme le dirait si bien cette expression : « L’échec ne provient pas de la chute. Il survient lorsque tu ne te relèves pas. » À méditer, allez Béziers !