Chronique de la Rambarde : le prix de la sérénité ?

16/02/2020
Rémy Rugiero

Pénible à souhait, le duel entre Béziers et Aurillac ne restera pas dans les annales. Entre la crispation du moment, l’obligation du résultat, les manquements habituels et un secteur de la touche indigne vendredi soir, les Rouge et Bleu ont assuré le service minimum, un moindre mal, face à des Aurillacois méritants. Méfiance, la suite ne s’annonce pas de tout repos..

ALIGNEMENT AU GRILL

C’est décidément une coutume à l’ASBH, un scénario vu et revu très souvent à l’entame d’un bloc. Le capitaine Jonathan Best avait évoqué les semaines d’entraînement plutôt brouillonnes, peut-être une forme de décompression après le succès arraché en Normandie dernièrement. Pourtant, un tiers du championnat reste à disputer et l’issue reste incertaine. Les Cantaliens furent très propres dans leurs lancements, justes en conquête. Sans fioritures, les hommes de Roméo Gontineac, un nom qui fleure bon avec les années 2000, s’installèrent avec assiduité dans le camp Biterrois. Le premier acte, insignifiant, mettra en lumière des joueurs tétanisés par le ballon, cherchant à se rassurer à la moindre possession. Logique, depuis plusieurs semaines, Béziers balbutie son contenu et ses considérations. On sent une volonté évidente d’affronter la ligne d’avantage, au détriment aussi du collectif et de solutions isolées peu pertinentes. Les visiteurs n’en demandaient pas tant, s’évertuant à occuper les quatre coins du terrain, face à des Biterrois trop timides dans leurs relances. Les sifflets à la pause, toujours douloureux, furent l’expression d’une déception globale. Les joueurs nous l’ont confié dans les vestiaires, ils n’ont pris aucun plaisir, leur public non plus.

Comment ne pas cibler la touche de Béziers, un secteur rodé ou presque il y a si peu de temps. Un supplice à regarder tant les joueurs se sont délités dans les grandes largeurs. Les annonces, le timing, le lanceur, les lifteurs, la lecture adverse, tout le monde est responsable. David Aucagne a confié vouloir prendre en compte l’arrivée de Pierre Caillet dans cette organisation et que la patience devait être de mise. Prenons acte de cette constatation d’usage, le temps presse et gageons que pareille déconvenue ne sera plus qu’un mauvais souvenir. La conquête directe fut bousculée dans l’ensemble malgré quelques réactions bien senties. Trop peu face au quatorzième du championnat. La cohésion n’était pas vraiment au rendez-vous, les avants doivent se responsabiliser également, il n’y avait pas que l’animation offensive qui flanchait vendredi soir à Raoul-Barrière. L’apport du banc fut significatif, pas une première en l’occurrence, comme s’il fallait attendre l’aide des copains pour enrayer une spirale qui s’annonçait déconcertante jusqu’à l’heure de jeu. David Aucagne soulignait d’ailleurs à juste titre une éventuelle remise en question du staff sur les noms couchés d’entrée de jeu. Mettre une concurrence plus accrue certainement, émulatrice, permettant de concerner l’ensemble du groupe. Une victoire au bout, et c’est bien ce que l’on doit retenir. Adrien Latorre se muant en buteur providentiel après la rentrée musclée de Kelly Meafua allant inscrire le seul essai de la rencontre.

PROJECTIONS

Qu’on se le dise, tant pis si cela ne plaît pas à certaines âmes toujours charitables dans tous les sens du terme, Béziers n’est toujours pas tiré d’affaire. Etre alarmiste ? Assurément non. Prévenir ? Oui, avec vigueur. L’ASBH va recevoir seulement 4 fois dans ce sprint final (Mont-de-Marsan, Biarritz, Perpignan, Vannes). Un menu copieux. La victoire de Rouen a relancé le suspens en fond de classement. Oui, les Rouge et Bleu possèdent un matelas confortable, à même de s’éviter des sueurs froides qu’on souhaiterait s’épargner au Printemps. Les prestations fournies interpellent, l’effectif travaille en conséquence, le staff fait toujours avec les moyens du bord. Ce groupe a besoin d’un soutien indéfectible c’est une évidence, les mecs ne trichent pas selon l’expression consacrée. Après les analyses vient le temps des projections. Les Biterrois auront pour obligation une solidarité sans faille. Le collectif devant primer sur tout. Si Jonathan Best et David Aucagne ont lâché en conférence de presse que chacun devait se faire confiance, se parler, tout en arrêtant de chercher la solution individuellement, l’issue sera heureuse et le maintien assuré. Car si l’on vous parle de qualification ou d’envisager les six premières places autour de vous, n’hésitez pas à signifier que l’utopie n’existe pas dans le sport. On a le droit d’être dans une mauvaise passe, de combattre et de reconnaître ses faiblesses. C’est notre rôle absolu et il n’y a rien d’infamant. Le chiffre insipide de 3765 spectateurs présents au stade n’est que le fruit d’une immense frustration, les multiples silences en disant long sur la sidération d’une situation qui doit tendre vers de meilleurs jours. Alarmiste non, prévention oui..

Rémy RUGIERO

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