Chronique de la Rambarde : l’ASBH s’enlise dans les Landes

22/11/2019
Rémy Rugiero

Ce n’était pas forcément un voyage de complaisance qui attendait les Biterrois pour ce déplacement en terre Landaise. Historiquement délicat, Béziers s’était déplacé en quête de certitudes, après le succès aux forceps face à Soyaux-Angoulême, les troupes de David Aucagne s’étaient promis d’y mettre les moyens. Peine perdue, au tableau d’affichage (30-10), mais aussi dans cette incapacité chronique à rivaliser dans le jeu. Des maux incessants à rectifier, le risque de lendemains crispants n’étant plus si loin..

LA BOUILLIE LANDAISE

Cette belle région, arrosée copieusement par des averses diluviennes depuis de nombreuses semaines, ne représentait pas le théâtre idéal pour l’expression d’un rugby chevaleresque et édulcoré de quelques pincées d’enthousiasme. Tout le monde était prévenu, et c’était le même tarif pour les deux formations. Pourtant, Mont-de-Marsan démontrait un pragmatisme certain, une faculté pour bonifier la moindre parcelle d’occasion parmi ce torrent de déchet bien légitime en pareille circonstance. Avec deux essais, les hommes de David Auradou avaient déjà assuré l’essentiel, écarté une menace bien faible des Rouge et Bleu rompus au jeu d’occupation stérile, inefficace, relançant irrémédiablement le fond de terrain Landais qui n’en demandait pas tant. Si cette option fut privilégiée, l’alternance était inexistante et la lecture trop facile sur les percussions visibles d’Uwa Tawalo ou de Kelly Meafua, les deux seuls casseurs de lignes dignes de ce nom par leur physique. Avec pareille substance, difficile de contrarier les Montois tout juste relancés après un succès à Aurillac, et pouvant dépasser l’adversaire du jour avec une victoire. Des motifs suffisants pour s’appliquer dans la conservation, à l’inverse de Biterrois impatients dans la construction, abusant du jeu au pied jusqu’à l’écœurement. (23-3) après 40 premières minutes où les approximations des visiteurs tranchaient avec la relative justesse des locaux.

La suite des événements ne fut pas une partie de plaisir pour les acteurs, le terrain arraché par une boue tenace et des avancées de mauls respectifs destructrices pouvant donner le tournis au moindre jardiner présent à Guy-Boniface. Si l’on excepte quelques réactions bien senties, Béziers s’est réfugié vers un contenu plus réducteur, en phase avec l’atmosphère ambiant tout en parvenant à récolter des pénalités bienvenues. Mais sans rayonnement, sans cette étincelle qui aurait pu guider quelques attaques, sans occulter les franchissements de Tomás Munilla et Jean-Baptiste Barrèreoù l’action sur l’aile de Tawalo en bout de ligne et un ballon finissant sa trajectoire à terre. L’essai de Benjamin Desroche venant atténuer une note alourdie à la sirène sur un ballon porté propulsé par les Montois en terre promise. 3 essais à 1, un résultat sans bavures face à une opposition ayant une structure plus définie. Pas de regrets donc pour les Rouge et Bleu, qui attendront encore un peu plus avant de lever les bras à Guy-Boniface, une terre décidément bien hostile à Béziers depuis 2005. 

DÉFINIR LES PRIORITÉS

Voilà un résultat qui n’aura rassuré personne, bien au contraire, tant Béziers n’aura jamais paru en mesure de proposer un rugby de qualité, malgré un XV titulaire pouvant donner la réplique. Les absences offensives, les gestes techniques moins aboutis, les errements dans le système sont légions. Auparavant, la conquête masquait ces incohérences, trompait en quelque sorte le spectre douloureux de l’inquisitoire. Sauf qu’aujourd’hui Béziers ne domine plus son sujet sur les phases statiques, n’ayant plus cette assise, cette solidité d’ensemble, cette force servait de refuge à des manquements collectifs. Des gestes d’agacement sont apparus, mais aussi de nervosité trop vus ces derniers temps. Un langage corporel qui trahit une défiance, un malaise sur le manque de solutions apportées et au final un résultat mitigé. Béziers glisse à la 10 ème place, en cas d’échec à Nevers pour le match en retard, la 11 ème place lui tendrait les bras. Le titre de meilleure défense en ce début d’exercice était peut-être un voile, un leurre sur des craintes suscitées à l’intersaison après quelques questionnements d’usage. Le doute guette, le terme de crise de confiance n’est pas à exclure. Inutile d’aller chercher les qualificatifs et autres termes pompeux qui feraient naître de l’incertitude. Béziers doit (re)trouver ses repères, définir d’autres priorités en assumant cette nouvelle donne. Se refaire la cerise, le boulot en quelque sorte il n’y a rien d’insultant à l’énoncer, avant d’évoquer une hypothétique chance de qualification qui n’est pas d’actualité qu’on se le dise. 

Rémy RUGIERO

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