Chronique de la Rambarde : l’ASBH glane le derby cathare

14/12/2019
Rémy Rugiero

La venue des Audois était redoutée, par leur classement et leurs prestations, capables d’aller chercher un résultat à Béziers, dans un derby noyé sous une pluie incessante. Les Rouge et Bleu s’en tirent à bon compte, intraitables sur l’aspect défensif, et s’autorisant un essai splendide concrétisé par Jeffrey Williams dans les derniers instants. Du répit pour les Héraultais, qui semblent être dans de meilleures conditions sur cette fin de bloc aux allures de marathon.

DOMINATION STÉRILE

D’emblée, l’ASBH marquait son territoire, accentuait ses possessions en misant sur une belle alternance qui aurait sans doute mérité un meilleur sort. On repense à Tyrone Viiga tout près d’aplatir après un bon travail des avants, où la lumineuse percée de Jeffrey Williams, lancé sur orbite par Karl Wilkins, qui filait tout droit à l’essai, mais qui sera refusé pour une très légère obstruction de Vitolio Manukula dans la ligne. De quoi mettre en évidence une volonté d’aller vers l’avant, de proposer du jeu malgré des conditions dramatiques pour pratiquer un tel rugby. C’est ainsi que les Biterrois trouveront leur salut, avec patience et organisation. Jérôme Porical, maître de cérémonie au pied, gonflera le tableau d’affichage dont une pénalité de 55 mètres. La précision de l’artilleur étant l’accomplissement d’une domination tangible des locaux, sans toutefois parvenir à renverser la table et les Carcassonnais pénibles à souhait sur chaque point de rencontre. Après un premier acte où les défenses furent à rude épreuve, le score de (6-3) à la pause démontrait un léger ascendant des troupes de David Aucagne, sans être parvenus à distancer la menace des visiteurs pour autant.

Le scénario fut sensiblement le même sur la suite, jeu d’occupation de pression, duels au ballon privilégiés, cuir confisqué par les avants à juste titre pour exploiter le petit périmètre en pareilles circonstances. Sans trouver la faille, les Biterrois fourbissaient leurs armes, malgré une touche encore déficiente, s’appuyant sur une mêlée fermée autoritaire et quelques séquences inspirées. Jérôme Porical en mission pour valider ce travail collectif et s’assurer un premier écart face aux visiteurs (15-960 ème). Les hommes de Christian Labit retrouvaient à leur tour des ressources, bénéficiant du déchet des locaux et d’une présence accrue au sol. Le choix de la pénaltouche à la 74 ème fera certainement encore parler du côté d’Albert-Domec. Un coup de poker en guise de tentative pour aller décrocher un succès. Sauf que nous allions assister à une merveille de jeu, première main s’il vous plaît. L’alignement Audois ne capte pas l’offrande, Adrien Latorre se précipite pour servir Alvar Gimeno sur ses 22 mètres. Le relais, déjà de Jeffrey Williams vers Uwa Tawalo. L’ancien Biarrot, tête de gondole du recrutement estival, franchit avec aisance la défense visiteuse. Course parfaite, raffut, off-load pertinent pour retrouver son compère Jeffrey Williams, ralentissant sa course pour éviter le retour de Manu Atunaisa. En guise de conclusion, une course d’une vingtaine de mètres et Raoul-Barrière qui chavire dans le bonheur. Du bel ouvrage, (22-9) score final.

CASSER LES VERROUS

Victoire de Béziers, après une double réception toujours délicate à digérer, dans la gestion des hommes et la répétition des consignes. Les Biterrois ont montré une envie d’exister, tranchant parfois avec quelques mauvais souvenirs entrevus dernièrement dans l’implication. Une forme de maturité donc, qui doit permettre aux Héraultais de s’affranchir de certains blocages, voire réticences sur leurs capacités d’exporter le ballon. L’essai de Jeffrey Williams, en fin de match, sous des trombes d’eau, est la genèse d’une capacité à se faire des passes, d’aspirer les espaces, voire de tenter le geste, la transmission supplémentaire pour créer le décalage. Ce bijou dans la transformation ne doit pas occulter le travail qu’il reste à accomplir. Le groupe est studieux, s’est encore remué cette semaine pour proposer des options garantissant les aspects du jeu, en ne trahissant pas le projet et le groupe. Avec 34 unités, avant le déplacement à Vannes la semaine prochaine, l’ASBH passera la trêve au chaud sans trop d’inquiétudes. Reste plus que le pari de la continuité, plus exigeant, qui demandera un consensus général pour aborder la suite avec sérénité. Un choix inévitable pour ramener du monde au stade, seulement 4632 spectateurs hier soir pour un derby. Une troisième affluence consécutive en dessous des 5000, une première depuis de nombreuses saisons. Une ferveur qui disparaît, des interrogations pour une composante vitale qu’il conviendra d’analyser ultérieurement..

Rémy RUGIERO

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