Chronique de la Rambarde : l’ASBH fait plier la citadelle Aguiléra

07/12/2018
Rémy Rugiero

Les Biterrois à l’unisson, auteurs d’une performance majuscule à Aguiléra.

Déplacement lointain, dans ce merveilleux Pays Basque, terre hostile habituellement pour les Biterrois face à un défi immense qui s’annonçait pour les Rouge et Bleu pour tenter d’éviter de mordre la poussière comme chacune des équipes s’étant déplacées à Aguiléra depuis Novembre 2016. Comme par le passé, à coups de convictions, de solidarité et d’une envie décuplée par un résultat digne des plus grands soirs, l’ASBH s’est donnée les moyens une nouvelle fois de créer les conditions d’un grand coup. De quoi féliciter le groupe pour l’immense travail au quotidien et regarder la suite avec délectation. Épilogue.

CONTENU RESTREINT ET OPPORTUNISME

Durant la semaine, les entraînements furent toujours aussi studieux et la concentration de mise. Malgré cette échéance qui se dressait une nouvelle fois sur le chemin des Héraultais, Béziers avait réussi l’essentiel face à Bourg-en-Bresse et avait coché ce déplacement à haut risque. Les Biarrots forts de leur invincibilité notable à Aguiléra depuis 32 rencontres, sortaient d’un immense exploit à Charles-Mathon du côté d’Oyonnax, un résultat qui peut vous enorgueillir les esprits et laisser les doutes de côté. Du côté de Béziers, on avait aussi préparé son coup en laissant en réserve de la patrie, Tuineau, Barrère, Veau, Samaran, Wardi et consorts pour apporter la fraîcheur et muscler le jeu tout court.

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Après réflexion, le staff Biterrois avait minutieusement préparé cette sortie, pour s’affranchir des déceptions connues et prouver s’il le fallait, que cette équipe avait une marge de progression incontestable à l’extérieur. La première période fut globalement maîtrisée, le contenu plutôt restreint par des conditions climatiques hivernales devenues incontournables. L’adaptation on vous dira, et ce paramètre fut évoqué dans la semaine pour trouver la parade nécessaire afin de faire baisser pavillon au massif pack du BO. L’essai opportuniste de Thibauld Suchier suite à un service au pied judicieux d’Arnaud Pic confirmera la tendance. Béziers est bien dans ses crampons et peut envisager le cours du match sans être prétentieux. 10-6 à la pause sans sourciller après quelques frayeurs vite annihilées par une défense toujours aussi hermétique.

CONQUÊTE MAJEURE

Le second acte connaîtra un déroulement assez savoureux, qui rappelle d’autres combats tout aussi enjoués et mémorables sous l’ère Gerard-Aucagne. Des rencontres qui vous reviennent en tête par leur intensité et par les bras levés au ciel comme à Agen il y a deux saisons et l’année dernière à Perpignan. Pourtant les Basques sont réputés coriaces, fiers et envisager de céder leur citadelle relève du crime de lèse-majesté. Une aubaine pour les locaux qui s’en tiraient à bon compte avec deux réalisations d’écoles parfaitement exécutées sur l’aile gauche sans fioritures. Des transmissions propres, de l’avancée et des des intervalles trouvées, les Biarrots retrouvaient leur superbe dans l’animation et au tableau d’affichage (21-13). De quoi faire vaciller un groupe dans ses certitudes, et penser aux vieux démons qui vous ont hantés parfois du côté de la Rabine ou de Maurice-David.

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Mais il était écrit que dans le crachin Basque, l’ASBH trouverait les ressources nécessaires pour déjouer les pronostics. La labeur déployée par les avants fut remarquable, avec 100 % de ballons captés en touche et 4 volés, l’alignement Biterrois retrouve ses standards du début de la saison depuis la réception de Bayonne. Et avec des munitions, une mêlée fermée qui ne recule plus depuis des semaines, les conditions sont peut-être réunies pour aller chercher l’impossible. Des Basques médusés devant l’entreprise Héraultaise, qui finiront par céder sur une séquence admirable dans la conservation et les percussions positives des avants Rouge et Bleu. Benjamin Desroche à la concrétisation d’un fin de match rondement menée, ajouté à la transformation du précieux Jérôme Porical au pied (21-23). Béziers décrochait son premier succès à l’extérieur, et peut-être qualifié de prestigieux à plus d’un titre.

SUCCÈS FONDATEUR

Voilà une sensation connue et envoûtante procurée par l’ASBH qui réussit encore à s’exporter loin de ses bases, même si le premier coup d’éclat se faisait attendre cette saison. Les prémices et la genèse d’un tel résultat étaient latents, à portée de main tant les nombreuses opportunités furent légions depuis le début de la compétition. Un savant mélange de jeunesse et d’expérimentés qui prend forme et qui gagne en crédit sur les dernières sorties. Un fil conducteur, une cohérence globale si difficile à capter. Le genre de conclusion qui peut faire basculer une saison même si c’est trop tôt à l’heure où nous écrivons. Car le leader Nivernais débarque à la Méditerranée jeudi soir, et il serait inutile d’indiquer que les supporters seront conviés à venir en masse soutenir comme ils savent si bien le faire ses protégés pour le dernier match de la saison avant la trêve des confiseurs.

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Une fierté de voir évoluer des jeunes espoirs comme Quentin Samaran, Reda Wardi, Karl Wilkins, Victor Dreuille et bien d’autres qui progressent ensemble et démontrent pour la plupart que le projet de jeu et la philosophie prônée est satisfaisante pour tous. Gagner à Biarritz est tout sauf anodin, même si aucun statut ne peut être décerné en sus de cette performance, Béziers confirme que le travail paye et que certaines critiques parfois dures, n’occultent jamais l’objectif initial. Et de mettre en comparaison obligatoirement, un mercato qui n’aura pas renforcé plus que çà l’ASBH c’est une certitude, mais que l’esprit de groupe, les compétences du staff et l’alchimie générée peut vous faire renverser les plus belles montagnes sans balbutier ses principes. C’était chouette, c’était beau, on en redemande Messieurs !

Rémy RUGIERO

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