Chronique de la Rambarde : l’ASBH aborde un virage décisif

05/12/2019
Rémy Rugiero

Les Biterrois en ayant ramené le bonus défensif de la Nièvre la semaine dernière, sont revenus du voyage avec amertume. Laissant passer le partage des points sur les ultimes instants, ayant rivalisé avec Nevers, méritant assurément une autre issue cruelle soit-elle, l’ASBH a trouvé des motifs pour relancer la machine malgré la défaite. Le contexte pourrait s’avérer décisif, deux réceptions consécutives s’écrivent, à commencer par Montauban dès vendredi soir à Raoul-Barrière.

INSTINCT PRIMAIRE

La venue des Tarn-et-Garonnais s’inscrit dans cette folle course d’un bloc démentiel. Avant la trêve des confiseurs, Montauban et Carcassonne à la maison puis un déplacement à Vannes, viendront garnir ce mois de Décembre imposant. La tendance est néanmoins lourde, les Rouge et Bleu restent sur cinq défaites en six rencontres, et les progrès aperçus face à l’USON n’ont pas masqué les péchés mignons tels que l’indiscipline et la concrétisation. Pourtant, les comportements furent à la hauteur, et un succès à Nevers aurait été logique à la vue de l’investissement. L’important pour les troupes de David Aucagne étant de se tourner résolument vers la réception de Montauban. Une formation qui talonne les Biterrois, avec un match en retard, venant se relancer après une sortie victorieuse dans le Cantal, comme Béziers en Septembre. Des similitudes se dégagent, les Montalbanais ont des atouts indéniables, une force de frappe incontestable. Mais la confiance n’étant pas toujours au RDV, les Sapiacains ont versé dans la maladresse jusqu’à s’enfoncer en deuxième partie de classement. Jeff Dubois et Jean Bouilhou débarquent leur formation avec une idée bien précise, et n’en doutons pas un plan défini pour contrarier un peu plus les desseins de l’ASBH. Quelle réplique doivent fournir Jonathan Best et ses coéquipiers ?

Si le système défensif est un socle cette saison à Béziers, il reste rudimentaire pour insuffler autre chose qu’une équipe rugueuse et attractive. Les mots des joueurs sont pourtant clairs, ils y travaillent frénétiquement, le staff aussi, à la recherche de l’étincelle, de la prestation aboutie, afin de basculer vers autre chose et de regarder éventuellement vers le bas, ce qui n’est insultant pour personne fermons la parenthèse. Les avants ont retrouvé la cohésion, manquant peut-être de précision et de recul sur quelques situations positives. Les gazelles, pointées du doigt depuis la saison dernière, s’enlisent parfois sur un jeu large-large improductif, stérile, alors que les courses semblent adaptées. Quelques gestes techniques aperçus confondent avec cet appel de Sébastien Logerot, à prendre des initiatives permanentes et ne pas hésiter à sortir du cadre si l’opportunité se produisait. La fameuse intelligence situationnelle chère à certains techniciens. Loin d’entrer dans des sphères philosophiques, si Béziers peut manquer de gabarit derrière, la compensation doit s’orienter vers la recherche d’espace. Et un lien avant/trois-quarts qui s’est distendu ces derniers temps, chacun ayant connu des moments de doute, d’une certaine torpeur qui s’empare de vos mains ou de vos pieds c’est au choix depuis Octobre. Les armes à disposition, c’est bel et bien la responsabilisation de chacun qui prévaut, en apportant sa pierre à un collectif sur courant alternatif.

TOURNANT INÉVITABLE

L’ASBH n’a plus de temps à perdre, les concurrents ont aiguisé leurs couteaux et n’ont que faire des désidératas en Biterre. Aussi pernicieuse soit-elle, la réception de Montauban doit permettre aux Héraultais de s’affranchir. Sur les trois prochaines rencontres, deux défaites seraient synonymes ou presque d’ambitions définitivement rangées au placard. Et d’un doute qui planerait jusqu’aux dernières strates du club. Avec un budget annoncé aux alentours de huit millions d’euros, Béziers est dans l’obligation de relever la tête. Jouer le maintien ne serait pas insultant, d’autres y sont passés y compris les Rouge et Bleus pendant tellement d’années. Ces moments d’angoisse, pénibles à souhait, cette peur qui se transmet jusqu’au terrain, les supporters ne les connaissent que trop bien.On vulgarise à l’extrême c’est évident. Mais on peut s’interdire aussi d’évoquer un tel scénario, dramatique pour le coup. Car on peut avoir la faiblesse d’imaginer que cet effectif possède les cartes en main pour franchir un palier. Après tout Carcassonne le sixième ne pointe qu’à cinq longueurs, même si l’incontournable classement britannique démontre que bien des efforts devront être fournis pour retrouver les hautes sphères. Pas le moment de s’égarer en quelque sorte, et pour préparer comme il se doit la venue de Carcassonne la semaine prochaine, seule la victoire et quelques banderilles bien placées viendraient soulager les Rouge et Bleu. Et tout un peuple..

Rémy RUGIERO

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