Chronique de la Rambarde : Béziers s’offre un répit de circonstance

15/11/2019
Rémy Rugiero

En manque de confiance, à la recherche de la lumière dans son jeu, les Rouge et Bleu ont sauvé l’essentiel face à Soyaux-Angoulême (15-12). Malmenés durant une bonne heure, les Biterrois ont puisé dans leurs ressources pour enrayer cette infernale spirale négative. Deux exploits personnels et une défense toujours aussi hermétique auront suffi pour permettre à l’ASBH d’éviter de s’enliser dans le doute. Appréciable face à une formation considérée comme la bête noire des Héraultais depuis quelques saisons.

PRESSION PERMANENTE

La pluie fine tombée en fin d’après-midi suggérait déjà des débats plutôt dirigés sur le petit périmètre, sur l’attaque à une passe, sur l’envie de gagner les mètres à coups de percussions plutôt que vers des littératures d’envolées bien trop hasardeuses en pareilles conditions L’affrontement a bel et bien eu lieu, avec des Biterrois soucieux de retrouver une forme de sérénité, du liant qui fait cruellement défaut dans les partitions exposées depuis quelques semaines L’adversaire était coriace, âpre on le savait, déjà auteur de prestations majuscules hors de Chanzy (Nevers et Colomiers). Les Charentais opèrent une mutation lente et sûre à l’image de nouvelles contrées présentes en ProD2, possédant le profil idéal de trouble-fêtes. Si Victor Dreuille répondit à Dorian Jones sur les premières escarmouches, la menace pesante dans les esprits et les transmissions manquaient de fluidité. L’éclair est venu du robuste Uwa Tawalo, faisant admirer sa puissance tout en permettant à Béziers d’emmagasiner un franchissement, pourtant loin d’être réalisé, en terre promise (8-628 ème). Le reste du premier acte ne donnera plus l’occasion au tableau d’affichage d’évoluer, faute d’occasions franches et de réelles opportunités de part et d’autre.

Le retour des vestiaires n’offrira pas forcément un meilleur visage, le déchet primant sur les intentions, la moindre velléité souvent contrariée par les défenses respectives bien en place. Pourtant, à (8-12) en faveur des visiteurs à l’heure de jeu, le pire des scénarios semblait se dessiner à nouveau, tant il était complexe pour les Biterrois d’imposer leur jeu. Mieux structuréé par séquences sur le jeu d’avant mais pas assez dominatrice, manquant d’ingéniosité sur les lignes arrières sans atteindre l’effet recherché, l’ASBH balbutia ses possessions, à coups de pieds de pression sans saveurs, et d’un manque de pétillant sur quelques avancées. L’étincelle viendra de l’apport d’un banc plus impactant globalement, Alvar Gimeno tout en finesse, avec des appuis de qualité, va réussir à s’affranchir de la défense du SAXV, et offrir sur son intérieur au précieux Karl Wilkins, l’essai de la délivrance (15-1262 ème). Il restait beaucoup de temps avant de pouvoir s’aventurer vers des espérances victorieuses, Dorian Jones manquera par deux fois la cible sur des drops face aux perches Rouge et Bleu. Qu’importe puisque les Biterrois sauveront avec panache la victoire non sans quelques frayeurs sur les derniers gestes dans les ultimes secondes. Un moindre mal.

ET MAINTENANT ?

Succès étriqué, laborieux, sans saveurs, tous les qualificatifs portés en direction des Héraultais peuvent engendrer de la frustration. Élémentaire pour certains, besogneux pour d’autres, une partie de la vérité doit se situer dans ces constatations d’usage. Béziers peine à proposer un contenu offensif de qualité, depuis quelques rencontres, c’est un mal récurrent malgré les efforts louables entrevus. Deux exploits personnels ne masqueront pas ces carences, mais peuvent insuffler cette énergie, pour ne pas dire cette croyance auprès de joueurs qui semblent parfois paralysés par l’enjeu. Du travail en perspective pour tout un groupe, tout comme pour les avants parfois désorganisés, moins souverains que par le passé. Collectivement et c’est peut-être le plus important message de la soirée outre la victoire, Béziers n’aura pas encaissé d’essais. L’ASBH est la meilleure défense à domicile du championnat (3 essais encaissés) et celle qui en encaisse le moins tout court (13 essais), une réussite qu’il faut aussi souligner. Le prochain voyage sera un nouveau challenge en direction du stade Guy-Boniface. Une terre relativement hostile pour les troupes de David Aucagne. Mais dans ce bloc infernal de huit rencontres, sans une prétendue pression, comme à Aurillac et Biarritz sur les premières périodes disputées, rien n’interdira aux Rouge et Bleu de s’octroyer un plaisir délicieux d’aller déjouer les pronostics..

Rémy RUGIERO

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