Chronique de la Rambarde : Béziers finit par vaincre la malédiction de Jean-Alric..

06/09/2019
Rémy Rugiero

Scénario assez loufoque dans le Cantal hier soir, l’ASBH a validé son premier succès loin de ses terres (20-24) après quelques frayeurs en toute fin de rencontre. Les hommes de David Aucagne, efficaces sur leurs possessions, ont su courber l’échine sans vaciller malgré un retour tonitruant des Cantaliens. Du bonheur pour les Rouge et Bleu.

UN PREMIER ACTE DE CHOIX

Historiquement, Béziers n’a jamais conquis de grands résultats en terre Cantalienne. Sous l’ère Saïsset peut-être, mais globalement c‘est une terre hostile et délicate qui s’est toujours offerte aux Biterrois. Après avoir assuré l’essentiel face à Valence-Romans la semaine dernière, les Héraultais débarquaient en Auvergne sans forme de pression particulière. De quoi venir avec des ambitions, dans le jeu mais aussi dans les têtes. L’essai plein d’opportunisme de Thomas Zénon a confirmé cette tendance (0-79 ème). Aux prémices de ce duel, Béziers flaire le bon coup et administre déjà un coup de froid dans l’enceinte Aurillacoise. Jusqu’à pousser le culot d’aller en pénaltouche au détriment d’une pénalité dans le domaine du réalisable. Choix payant puisque Wesley Douglas en bout de ligne viendra concrétiser un temps fort des Biterrois (0-1422 ème). L’appétit vient en mangeant, et Dreuille, auteur d’un 100 % hier soir, rajoute trois points supplémentaires avant les citrons (3-1734 ème), David Aucagne et ses garçons sont dans d’excellentes dispositions.

Personne n’aura été étonné du retour annoncé des Cantaliens. Transfigurés, dans l’avancée permanente, auteurs de transmissions de meilleure qualité. Béziers cède à trois reprises, s’oubliant sur quelques plaquages et tombant dans l’indiscipline. Un prétexte idéal pour les hommes de Thierry Peuchlestrade, habités par l’envie de renverser une situation désespérée. Sauf qu’entre temps, Douglas sur une interception, filera en solitaire en terre promise, laissant entrevoir des qualités de vitesse incontestables. La fin de rencontre sera crispante, la crainte d’une remontée inédite malgré 21 unités d’avance au cours de la seconde période. Mais il était dit que les vaillants Héraultais ne lâcheraient pas l’affaire aisément. Retrouvant une solidité défensive, tuant astucieusement le chronomètre sur les quelques possessions, l’ASBH tira profit de ses ballons exploitables pour contraindre les Aurillacois à la faute. Quelques sueurs froides plus tard, les Rouge et Bleu pouvaient lever les bras comme un immense soulagement. Et la satisfaction du devoir accompli.

FUTUR CASSE TÊTE À VENIR ?

Une victoire dans le Cantal n’est jamais anodine. Après treize années de disette, les Biterrois ont donc vaincu cette malédiction au courage. Le prix fort d’un marathon que l’ASBH connaît sur le bout des doigts. Sans oublier qu’avec une large revue d’effectif, Béziers a montré une capacité à s’exporter dans un contexte toujours pesant. Certains membres de l’équipe ont démontré qu’il fallait bien compter sur eux. La confirmation que ce groupe ne possède pas de “stars” dixit les joueurs durant la semaine. Une véritable solidarité s’est instaurée et ces 4 points viennent provisoirement édulcorer un bloc qui ne s’annonçait pas de tout repos. Un confort pour le staff qui pourrait bénéficier de latitudes plus élargies. Les hommes du capitaine Best, sans être euphoriques, ont prouvé qu’ils étaient capables de s’affranchir de l’adversité. Les Cantaliens étaient invaincus, et ont annoncé leurs ambitions cette saison. Et la différence notable cette saison à l’inverse, c’est que ce groupe s’est bien gardé de parler d’objectifs. Messieurs, gardez-le bien en interne, personne ne vous en voudra. L’humilité est de mise et elle pourrait être la gageure d’optimisme pour la suite. Le week-end prochain, Provence Rugby viendra vexé de sa défaite face à Grenoble, terminer le bloc positivement donnerait un premier signe d’une maturité à peaufiner..

Rémy RUGIERO

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