Chronique de la Rambarde : avec générosité, l’ASBH s’offre le leader Nivernais..

14/12/2018
Rémy Rugiero

Conditions climatiques dantesques annoncées par les prévisions, réception de la tête d’affiche de la compétition qui étonne par son talent et sa consistance à chacune de ses sorties, digérer l’exploit des grands soirs décroché à Aguiléra… Le décor planté, l’ASBH désirait confirmer ses bonnes dispositions en tentant de garder inviolé son antre face à Nevers. Massif et particulièrement denses dans le jeu, l’USON a fini par rompre face à d’admirables Héraultais qui auront eu le mérite de ne jamais renoncer. À l’ancienne.

ACCULÉS SOUS LES EAUX

Particulièrement méritant après le bel effort collectif à Biarritz, le staff s’était appliqué dans la semaine à remettre à l’endroit le groupe pour s’éviter une euphorie qui pourrait vous détourner des objectifs. Xavier Péméja et ses hommes insufflent un vent nouveau dans ce championnat. Dotés de moyens conséquents, d’une profondeur d’effectif à faire pâlir la concurrence et d’une légitimité qui se construit à la faveur d’une réputation établie ou presque. En gros, Béziers devait remettre les mains dans le cambouis pour aligner une quatrième victoire consécutive et s’installer définitivement dans les qualifiables en visant un succès. D’entrée de jeu, les données étaient claires.

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D’entrée de jeu, les données étaient claires. Sur un terrain à la limite du praticable, malgré les efforts louables des jardiniers, le duel donnait lieu à une partie d’échecs dans les règles. Mais c’est l’USON qui y trouvait son compte. Solides à l’impact, consistants en conquête directe, les Nivernais démontraient une capacité de conservation hors-norme dans de telles conditions. Si le score à la pause de 6-3 pour les visiteurs ne souffrait d’aucune contestation possible, tant la domination était évidente des Jaune et Bleu adossés au vent, les Biterrois ont parfois plié. Sans jamais rompre. Cette solidarité, maintes fois soulignée après d’autres combats gagnés ailleurs, cette ligne défensive, louée depuis quelques semaines, s’apparentent à une véritable marque de fabrique. Nevers n’ayant pas réussi à faire fructifier le tableau d’affichage, l’espoir était de mise pour la reprise des débats.

SÉQUENCES DÉFENSIVES D’ENVERGURE

Les Rouge et Bleu étaient attendus dans la réaction et le contenu. Mais c’était l’USON, à nouveau entreprenante, qui monopolisait le cuir et les intentions. Sans souffle, manquant d’efficacité sur les sorties de camp, balbutiant les rares lignes cassées dans de vaines tentatives d’offload pas toujours bien senties, le capitaine Best et ses partenaires se cherchaient. Sans s’écrouler mais en restant sous la menace d’un leader décidément hargneux et visiblement décidé à venir chercher un troisième succès loin du Pré-Fleuri. A 9-3, sur des moments faibles et sur le reculoir, les Héraultais ont su trouver la parade. Les plaquages offensifs ont fait rugir la Tribune de Face et les courageux supporteurs ayant bravé la météo et l’horaire absurde.

La répétition des séquences dignes de ce nom permettait un réveil biterrois, après une heure de jeu menée par des Nivernais montrant les signes d’un déclin. Dans le sillage d’un Thomas Hoarau, pour ne citer que lui, l’ASBH remettait de l’ordre dans son jeu. Les duels étaient gagnants et les erreurs commises dans le camp d’en face. Jérôme Porical, fine gâchette du ProD2, s’illustrera en trouvant la cible à de multiples reprises, malgré un terrain lourd et des tentatives lointaines, récompensant les efforts collectifs et l’apport d’un banc de touche inspiré et concluant. Les Biterrois reprenaient leur destin entre leurs mains, malgré quelques frayeurs d’usage sur la fin. La victoire 12-9 venait valider une débauche d’énergie de qualité, dans une rencontre estampillée ProD2 comme jamais.

VIGILANCE DE RIGUEUR

Un succès acquis au courage et autorité, sur la fin, face à des Nivernais médusés devant ces plaquages incessants. Un esprit qui se confirme depuis quelques journées. Un message passé à la meute pour la qualification, laissant penser que venir au Stade de la Méditerranée n’était plus une sinécure. Qu’il faudrait y mettre dorénavant les ingrédients nécessaires pour faire vaciller des Biterrois fiers et impliqués. Nevers est une grande équipe, construite sur la durée, d’un projet cohérent et d’un budget qui n’a rien de comparable à Béziers. Ne doutons pas que l’USON finira dans les hautes sphères et deviendra un nom du rugby dans les années à venir.

Face à cette émergence actuelle, l’ASBH tient une histoire, un public et un savant mélange de compétences. Les Rouge et Bleu ont gagné comme leurs supporteurs apprécient plus que tout. Avec détermination, s’obstinant à sauter sur chaque Neversois en possession du ballon, à coups de casques et d’épaules endolories par le combat. David Gerard et David Aucagne apportent les clés, les joueurs appliquant leurs préceptes judicieusement. La cohésion est là, on la sent à l’entraînement comme en dehors des près. Et parfois, malgré un confort qui n’est pas présent à tous les recoins de votre quotidien, que la jeunesse parvient à relever les défis proposés, que les cadres prennent leurs responsabilités dans l’accompagnement et l’exemple, Béziers procurera du plaisir. Avec ou sans la manière qui importe peu, mais sans oublier la quintessence de ce sport qu’est le cœur et l’âme qui semble se conjuguer au présent pour nos Rouge et Bleu..

Rémy RUGIERO

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